dimanche 29 janvier 2012

Seizième naissance dans nos réquisitions !


Le Dal35 vous fait part de la naissance de la petite Sophie le 13 janvier 2012.


Il s’agit de la seizième naissance dans nos réquisitions.
L’ enfant et les parents se portent bien malgré les conditions précaires dans lesquelles ils vivent. Rappelons que l’Etat doit loger les demandeurs d’asile et enfreint ses propres lois et la Convention de Genève sur les réfugiés.
Le DAL35 accueille actuellement 300 personnes, dont 60 enfants, dans 11 maisons vides réquisitionnées sur Rennes Métropole.
Espérons que maires et préfet dorment bien !

Contact : http://dal35.blogspot.com/

Communiqué Droit au Logement


Paris le 23 01 2012  

Les Réquisitions de logements vacants se multiplient : après Rennes et Angers, voici Rouen et Toulouse


Face à l’inaction de l’État en matière de lutte contre la crise du logement, les réquisitions se multiplient :

- ROUEN : le DAL a réquisitionné depuis le 17 janvier, un immeuble vacant depuis plusieurs années, situé 98 rue du Mont Riboudet, ancien foyer de marins du port de Rouen, afin d’y loger des familles prioritaires DALO à la rue, dont une a du se séparer de son enfants après avoir accouché faute d’hébergement, et des familles migrantes.
Contact DAL Rouen: Bernard 06 87 33 12 99


- TOULOUSE, le collectif « urgence un toit » (CREAI, DAL, Enfants de Don Quichotte …) a inauguré ce matin la réquisition de 16 logements sociaux vacants depuis 1 an, 4 rue Abel Autefage, appartenant à « Toulouse Habitat », pour y loger des prioritaires DALO et DAHO, et des familles sans abris.
Contact DAL Toulouse : Luc 06 83 31 88 00


La fédération Droit Au logement, salue ces réquisitions qui après celles de Renne, tout au long de l’année 2011, celle d’Angers en décembre dernier, montrent la gravité de la crise du logement après 10 ans de politiques tournée vers le renchérissement et le soutien à la rente, et rappellent la nécessité urgente d’appliquer les lois de la république (loi DALO, obligation d’accueil de toute personne sans abri, et loi de réquisition sur les logements vacants), de baisser les loyers, taxer la spéculation, suspendre les expulsions et réaliser massivement des logements sociaux… 

D’autres réquisitions pourraient être mises en œuvre dans les prochaines semaines, dans cette phase des Présidentielles, où la question du Droit au logement est marginale, voire inexistante, à une exception près.

Un  toit c’est un droit !!!

Fédération Droit Au logement 
29 Avenue Ledru Rollin - 75012 Paris
tél : 01 40 27 92 98 • fax 01 42 97 40 18 

<http://www.droitaulogement.org/>

jeudi 19 janvier 2012

Rassemblement hebdomadaire du Dal35, mercredi 18 janvier 2012, énième lettre au Secrétariat Général de la Préfecture !



Dal 35                                 Rennes mercredi 18 janvier 2012
19 place de Serbie
35200 Rennes


Objet : hébergement pérenne de demandeurs d’asile

                                                           
                                    Monsieur le Secrétaire Général 
                                    de la préfecture d’Ille et Vilaine
                                    2 avenue de la préfecture
                                     35000 Rennes



Monsieur le Secrétaire Général,

Comme chaque mercredi, des demandeurs d’asile en recherche ou sans hébergement se retrouvent  pour se présenter, accompagnés du Dal, à la mairie de Rennes, afin que celle-ci intervienne auprès de vos services.

Aujourd’hui 108 personnes, toutes connues de nous. Parmi elles :
20 enfants dont un enfant de 8 ans en fauteuil et un bébé de 1 mois.
Beaucoup de personnes malades, certaines gravement handicapées, une femme sur le point d’accoucher.

-          Rien de stable n’est proposé à Mme  A. I. S., âgée et qui se déplace avec grandes difficultés. Non plus qu’ à la famille C. dont le fils O., 9 ans, se déplace en fauteuil

-          De même pour la famille K. ( Mr K. G., Mme K. Astghik, Mme K.). Ils sont toujours tributaires du 115 et ne peuvent de ce fait se nourrir correctement alors que Monsieur, malade des reins doit suivre un régime sous peine de voir son état s’aggraver.

-          La famille H.  ( Monsieur, Madame et leurs 2 enfants) sont dans une situation critique puisque Mr Harutyunyan est actuellement hospitalisé dans le  service de réanimation de Pontchaillou.

-          Mr T. M., souffre d’un problème cardiaque important et se retrouve souvent à la rue, le 115 étant saturé. Arrivé en octobre 2011, il devrait se trouver en cada.

- La famille K. ( Mr K. K., ses 2 enfants, S. et A., sa femme Mme M. H. et la mère de celle-ci Mme M. G.) sont toujours tributaires du 115 alors qu’ils sont arrivés en mars 2011 et leur état de santé s’en ressent gravement, surtout après avoir été logés dans un hôtel pas chauffé


Monsieur le Secrétaire Général, ces personnes sont demandeurs d’asile. l’Etat est responsable de leur hébergement pour la durée de la procédure de leur demande d’asile. 

Veuillez recevoir, Monsieur le Secrétaire Général, nos meilleures salutations.

                                                                  Le Dal 35.

NB : ce courrier est une lettre ouverte.

mercredi 18 janvier 2012

Pétition contre le logement cher ! Signons !


Pour signer la pétition :  http://contrelelogementcher.org/




 APPEL

Contre le logement cher : baisse des loyers ! Un toit c’est un droit !

Les chiffres sont formels, jamais les loyers et les prix de l’immobilier n’ont été aussi chers dans notre pays, rapportés aux revenus des locataires et des accédants.
 

Ereintés par l’érosion de leur revenus par la hausse des prix dans tous les domaines de la vie courante, l’énergie, le carburant, l’eau, l’alimentation, les soins… les fins de mois sont de plus en plus difficiles pour les couches populaires et les classes moyennes, les jeunes, les salariés, les migrants… 
Payer son loyer nécessite des sacrifices toujours plus élevés, tandis que les bailleurs privés, les milieux de l’immobilier s’enrichissent sans fin. En 2009, les profits locatifs se sont élevés à 65 milliards d’euros, dont plus de la moitié sont des « surprofits » tirés de la flambée spéculative.  
Même dans les HLM, les loyers ont grimpé plus vite que les revenus, d’autant que chaque année de nouvelles économies sont faites sur les allocations logement.
 

A mesure que les réformes ont usé le droit et la stabilité des locataires, les bailleurs ont imposé leur joug. Aujourd’hui la majorité des Français a peur de se retrouver un jour à la rue. Pourtant, que seraient les bailleurs, sans les locataires qui chaque mois alimentent la rente ?

Nous locataires, accédants, ou citoyens solidaires, appelons à une mobilisation responsable, afin que notre personnel politique prenne toutes les mesures nécessaires à une baisse généralisée et rapide des loyers et des traites immobilières, pour mieux satisfaire les besoins fondamentaux plutôt que soutenir la rente, pour mieux créer des emplois plutôt que de spéculer.
 

Nous exigeons un encadrement des loyers, un plafonnement généralisé entrainant une baisse immédiate de 10% de tous les loyers et des traites y compris en HLM, jusqu’à 20% pour les loyers chers, renforcée par une revalorisation des allocations logement.
Nous exigeons, pour ceux qui dorment dans des taudis ou dans la rue, que soient respectées et appliquées les lois pour le droit au logement, pour le droit à un accueil inconditionnel, et pour la mobilisation des logements vides.  

Nous sommes décidés, après avoir signé cette pétition, à « révoquer » le prélèvement automatique du loyer et des traites, et à le remplacer par un autre mode de paiement (virement bancaire, mandat, chèque, … ).
 

Dans un deuxième temps, si les responsables politiques et les bailleurs refusent de prendre en compte notre indignation et d’agir, nous participerons à un mouvement concret de contestation des loyers chers et du logement inabordable, et nous soutiendrons ces initiatives.

Naissances sur les réquisitions.....




Le DAL 35
vous fait part de la naissance
de la petite Azjargal
le 23 décembre 2011.
et du petit Ashot
le 3 janvier 2012

                     Il s’agit de la treizième et la quinzième naissance dans nos réquisitions.

 

jeudi 12 janvier 2012

Rassemblement hebdomadaire du Dal35, mercredi 11 janvier 2012, énième lettre au Secrétariat Général de la Préfecture !


Dal 35                             Rennes mercredi 11 janvier 2012
19 place de Serbie
35200 Rennes


Objet : logement pérenne et hébergement d’urgence de demandeurs d’asile

                                                           
                                    Monsieur François Hamet
                                    Secrétaire Général 
                                    de la préfecture d’Ille et Vilaine
                                   
Monsieur le Secrétaire Général,

124 personnes demandeurs d’asile  ( dont 1 famille de 3 personnes rencontrée pour la première fois) en recherche d’un logement pérenne ou d’un hébergement d’urgence se sont présentées ce matin à la Mairie de Rennes, accompagnées du DAL 35. Parmi ces personnes :
25 enfants dont  4 bébés ( 1 mois, 6 mois, 7 mois, 11 mois) et 1 garçon de 8 ans très handicapé que nous vous signalons régulièrement . Il s’agit de

-          C. O. scolarisé à l’école Pablo Picasso et qui se déplace en fauteuil roulant. Ses parents Mr. T., Mme B. E. Ils viennent de recevoir leur récepissé officiel de demande d’asile. Un logement pérenne dans les plus brefs délais est indispensable.

Nous tenons à vous signaler :

-          Mme T. C. et ses deux enfants, T. M., T. M. C’est la première fois que nous les rencontrons. Arrivés à la mi décembre, ils sont à la rue et le 115 ne leur propose rien.

-           De même pour Mme P. B., femme seule, malade, arrivée en août et Mme Z. O.

  
 -    Nous vous avions aussi signalé la semaine dernière Mr.J. T.-L. et sa fille L., 4 ans,  arrivés en juin, toujours tributaires du 115. Lea est scolarisée à l’école Léon Grimaud..

Veuillez recevoir  Monsieur le Secrétaire Général nos meilleures salutations.

Pour Le Dal 35

Ce courrier est une lettre ouverte

lundi 9 janvier 2012

Le Dal35 vous souhaite une bonne année 2012 pleine de luttes et de victoires




Dessin de Delambre paru dans « Sans Dessin Fixe »


Un logement pour tous et sans condition
L'application de la loi de réquisition
La baisse des loyers et des charges


samedi 7 janvier 2012

Info logement sur Rennes et Rennes Métropole !

Le nombre de logements vacants en 2008 était de plus de 10000 !!!  en augmentation de 22.42% vs 1999 (8227).
 
Rennes comptabilise à elle seule 7000 logements vides (+12.4% vs 1999).
 
Le taux d'habitat social pour RM est de 22.2% ( 29.4% pour Rennes, 11.8% en moyenne pour les autres communes)
 
 
Les demandes de logements sociaux en instance sont de 12000 (en 2010) pour moins de 6000 attributions.

vendredi 6 janvier 2012

Rassemblement hebdomadaire du Dal35, mercredi 4 janvier 2012, énièmé lettre au Secrétariat Général de la Préfecture !


Dal 35                           Rennes mercredi 4 janvier 2012 
19 place de Serbie
35200 Rennes


Objet : logement pérenne et hébergement d’urgence de demandeurs d’asile

                                                           
                            Monsieur François Hamet
                            Secrétaire Général 
                            de la préfecture d’Ille et Vilaine
                                   
Monsieur le Secrétaire Général,

148 personnes demandeurs d’asile en recherche d’un logement pérenne ou d’un hébergement d’urgence se sont présentées ce matin à la Mairie de Rennes, accompagnées du DAL 35.
Parmi ces personnes :
32 enfants dont 5 ayant moins d’un an.
De nombreuses  personnes  malades dont certaines très handicapées.

Aujourd’hui nous voulons attirer votre attention sur les personnes suivantes :
 
 -    M. C. T., Mme B. E. et leur fils C. O. , 9 ans.
Celui-ci est scolarisé à l’école Pablo Picasso et se déplace en fauteuil roulant. Un logement sur   Rennes est indispensable..

 -  M. T. M., 52 ans, souffre d’une grave maladie cardiaque et devrait se trouver en cada.
  
 -   De même pour M. J.T.-L et sa fille L., 4 ans.
 -  Celle-ci est scolarisée à l’école Léon Grimaud..

 -  M. O.O.A., Mme M. I. I. arrivés en Août, et leurs trois enfants, 12, 10 et 7ans, nés en France.
 -  Ceux-ci sont scolarisés à Rennes.

Veuillez recevoir  Monsieur le Secrétaire Général nos meilleures salutations.

Le Dal 35
Ce courrier est une lettre ouverte

samedi 31 décembre 2011

Bataille de l'eau, le Dal35 contraint la Ville de Rennes à lever son interdiction de remettre en service l'eau sur deux réquisitions !




Vendredi 30 décembre, des militants du Dal35 et une partie des occupants des deux réquisitions situées rue Poirier Nivet, soit une trentaine de personnes, ont occupé la Mairie de quartier de Maurepas, dans le but d'obtenir l'alimentation en eau des habitations.
Depuis deux mois, malgré les interpellations et les différents courriers adressés aux élus de la Ville de Rennes et à Véolia, la situation demeurait inexplicablement bloquée. Les différents intervenants se rejetant mutuellement la responsabilité de refuser le raccordement.

Durant 4 heures, élus et responsables de la Mairie de quartier ou de la Ville de Rennes sont restés aux abonnés absents. Puis vers 14h00 la venue de l'adjointe au Maire, Marie-Anne Chapdelaine, était annoncée.
A son arrivée celle-ci a déclaré aux occupants et devant la presse que la Mairie de Rennes ne s'opposait nullement aux raccordements en eau des bâtiments, qu'il s'agissait essentiellement d'un conflit entre une entreprise privée et des individus et qu'en aucun cas la Ville de Rennes ne devait ou ne pouvait interférer.

Un argumentaire immédiatement rejeté par le Dal35 puisqu'aux précédentes demandes adressées à Véolia le refus de branchement avait toujours été notifié au Dal35 par un élu ou un responsable des services de la Ville de Rennes.
Dans l'action le Dal35 a renouvelé une demande d'abonnement à Véolia par téléphone mais en actionnant le haut-parleur. Véolia Rennes a confirmé devant tous qu'aucune demande ne pouvait aboutir sans le consentement de la Mairie de Rennes concernant ces deux réquisitions.

De fait il fallait comprendre des déclarations de l'adjointe que la Ville de Rennes ne s'opposait plus au raccordement puisque après la démonstration en live apportée par le Dal35, l'élue s'est retirée dans un bureau pour s'entretenir avec Véolia mais aussi probablement avec sa hiérarchie.
A sa sortie celle-ci a donné au Dal35 le sésame. Un numéro de téléphone qui une fois composé nous a indiqué que nous étions attendus pour souscrire un abonnement et que l'eau serait rétablie dans la soirée.

Deux heures plus tard un technicien s'activait et vers 18h30 l'eau était en service dans les habitations.

Le Dal35 déplore qu'il ait fallu plus de deux mois pour que le droit à l'accès à l'eau soit respecté par la Ville de Rennes mais se félicite de la jurisprudence créée. Ainsi il ne sera plus nécessaire de démontrer qui est le véritable responsable en cas de refus de raccordement en eau d'une réquisition.

Une demande similaire d'accès à l'eau est en cours pour 2 des 3 réquisitions de la rue de Chateaugiron. Nul ne doute que là aussi la Ville de Rennes va retirer son opposition !

 Liens Presse :
Rennes TV.fr
Le Télégramme.com
Ouest-France.fr
France Bleu Armorique


jeudi 29 décembre 2011

Pour les fêtes de fin d'année la Ville de Rennes organise un défilé permanent de porteuses et porteurs d'eau...



Il est inutile de rappeler que sur les 2 réquisitions rue Poirier-Nivet, les conditions de vie sont détestables, faute de pouvoir obtenir l'eau courante et par conséquent l'usage des toilettes.
Jusque là nos protégés se débrouillaient en allant dans des toilettes publiques à proximité mais la Ville de Rennes a décidé de les fermer.

Hier nous avons obtenu la réouverture des toilettes mais un refus catégorique concernant le point d'eau. Bonne fille la Ville de Rennes indique plusieurs autres points d'eau publics accessibles mais trop éloignés du lieu d'habitation Poirier-Nivet.

La Ville Rennes est donc l'unique responsable de cette décision et ne peut cette fois prétendre que ce choix lui est imposé par quelques propriétaires récalcitrants ou un ordre préfectoral.

Pas plus prétendre éprouver de la compassion envers les souffrances des personnes vivant à la rue...

Rassemblement hebdomadaire du Dal35, mercredi 28 décembre 2011, énièmé lettre au Secrétariat Général de la Préfecture !



Mercredi 28 décembre, 75 personnes, dont 15 enfants, des malades et plusieurs nouvelles familles ont réclamé un logement à la ville de Rennes, via l'élu de permanence.

Un fax a été envoyé, via la ville de Rennes, à la préfecture.

Ni les uns, ni les autres n'ont considéré urgent d'intervenir.


 

mercredi 28 décembre 2011

Les squats du Dal à l'épreuve de l'hiver : "On compte sur l'humanisme de la justice"

Article rédigé par




  Près de 300 personnes, majoritairement des demandeurs d’asiles, passent en ce moment les fêtes de fin d’année dans onze habitations de fortune «réquisitionnées» par les membres du DAL (Droit Au Logement). L’association demande des mesures d’urgence pour les mal-logés, et notamment la mise à disposition de logements vacants dans l’agglomération. Malgré l’illégalité de leur action, c’est devant les tribunaux que les militants du DAL s’efforcent de faire respecter les droits des personnes à la rue. 

Un air de Nativité façon XXIème siècle 


  Publiée quelques jours avant Noël, la «bonne nouvelle» annoncée par le DAL 35 a fait beaucoup de bruit : «Rennes, deux nouveaux nourrissons à la rue». Depuis sa création en 2009, ce sont les onzièmes et douzièmes naissances dans les squats ouverts par l’association. Aujourd’hui, elle héberge en tout une soixantaine d’enfants, dans des conditions parfois très précaires, mais les personnes qui font appel au DAL n’ont souvent que la rue comme autre alternative. Les militants ont conscience que les occupations sans titre qu’ils effectuent sont «illégales», ils considèrent cependant leur action comme «légitime» puisque leurs principales revendications portent sur l’accès des demandeurs d’asiles à leur droits. Ils pointent du doigt la responsabilité de l’Etat, qui à leurs yeux ne respecte pas la Convention de Genève sur les réfugiés et laisse sur le carreau des milliers de personnes dont la loi assure en principe la subsistance.

En France, les demandeurs d’asile ne sont plus autorisés à travailler depuis une circulaire de 1991, mais en contrepartie des Centres d’Accueil pour les Demandeurs d’Asile (CADA) sont chargés de les héberger et de subvenir à leurs besoins matériel le temps que leurs demandes soient traitées. A condition d’avoir pu retirer et compléter le dossier, et accéder si besoin à un interprète. D’après le DAL, deux mois sont nécessaires pour décrocher un premier rendez-vous, et une fois la demande enregistrée l’attente est encore de deux ou trois semaines. Une situation qui s’est aggravée ces trois dernières années, depuis la diminution du nombre de bornes EURODAC (identification des migrants par empreintes digitales) pour n’en laisser qu’une par région. Celle de Rennes est donc la seule pour toute la Bretagne. 

    Ce système de bornes n’en finit pas de défrayer la chronique, avec notamment le scandale des «doigts brûlés», ou le calvaire des files d’attentes devant les préfectures qui commencent parfois tôt le matin, voire la veille. L’effet «entonnoir» est tel (850 demandes en 2010, pour deux guichets), que le préfet de région songe à en réouvrir une borne dans le Finistère.

« Un toit pour tous, c’est inconditionnel »

      Avec 21 410 places en 2011 (selon l’OFII) pour environ 50 000 nouvelles demandes chaque année, et une procédure qui dure en moyenne 19 à 20 mois (selon France Terre d’Asile), l’offre d’hébergement de l’Etat ne recouvre qu’un quart des besoins réels. «Tout le système est saturé», constate Michel Guérin, membre du DAL 35. En Ile-et-Vilaine, l’ultime recours que constitue le 115 est selon l’association encore plus problématique que dans le reste de la France : «56% des coups de fil n’aboutissent pas, il n’y a que deux lignes pour tout le département, (...) et ensuite, 70% des demandes ne sont pas satisfaites», précise le militant. A défaut d’être aidés par des réseaux de migrants ou par des associations, de nombreux demandeurs d’asile tombent dans l’errance. Et parfois dans la clandestinité.

    Les habitants des squats du DAL n’ont pas tous le statut de demandeurs d’asile. Certains n’ont pas encore déposé leur demande, d’autres ont été déboutés et doivent quitter le territoire à moins de faire appel devant la Cour Nationale du Droit d’Asile. Quelques uns attendent une naturalisation, ou un renouvellement de permis de séjour. Au-delà de l’appui matériel et logistique aux personnes à la rue (matelas, couvertures, nourriture, récupérés ou provenant de dons), l’association fait de plus en plus appel à la justice pour les cas les urgences les plus criantes. Grâce à l’engagement d’une avocate bénévole, des recours en référé ont par exemple permis d’obliger les autorités à délivrer des récépissés ou fournir des hébergements à des familles avec enfants, ou des personnes âgées, malades, handicapées... «Le lendemain», se souvient Michel Guérin, «ils étaient tous là devant la préfecture, l’article de journal à la main». La trêve hivernale n’existe pas pour les «occupants sans droits ni titres», rappelle-t-il, mais dernièrement un ordre d’expulsion concernant un squat du DAL 35 a été repoussé jusqu’au 15 mars, date de la fin de la trêve. Dans les faits, les juges font preuve de clémence vis-à-vis des mal-logés, et accordent souvent des délais supérieurs au minimum légal (quatre à six mois au lieu de deux). Sans cette période de sursis, beaucoup d’occupants n’auraient pas le temps de trouver une autre solution d’hébergement, et se retrouveraient à nouveau à la rue. 


    C’est par exemple ce qui s’est passé lors de l’expulsion du squat au 280 rue de Fougère. Les membres du DAL 35 ont d’ailleurs porté l’affaire devant la Cour Européenne des Droits de l’Homme. Ils reprochent à la préfecture une expulsion sans préavis, et la promesse non tenue de reloger tous les demandeurs d’asile à l’issue de l’opération. «On compte sur l’humanisme de la justice», admet Michel Guérin, «un toit pour tous, c’est inconditionnel». 
 
La municipalité prise entre deux feux

   Mardi dernier, le Réseau Logement pour toutes et tous 35, qui rassemble le DAL, la Cimade, ainsi que des mouvements écologistes et communistes, a publié un communiqué pour demander le rétablissement de l’eau courante, toujours coupée dans deux squats. La demande est adressée principalement à la ville de Rennes, laquelle a répondu que «les associations ne font pas appel au bon interlocuteur», cette décision ne relevant pas d’elle «mais des propriétaires, ou de Veolia», indique-t-on à la mairie. Régulièrement prise pour cible par le DAL, la municipalité assure que «l’accueil des migrants dépend entièrement de la responsabilité de l’Etat», et que la ville ne peut s’y substituer. A moins de faire payer deux fois les contribuables pour le même service.

Les rapports très tendus entre l’association et la municipalité proviennent surtout des occupations qui ont lieu dans des bâtiments publics : lorsque le cas se présente, la ville n’a guère d’autre choix que de demander l’expulsion, à moins de cautionner un acte illégal et de s’exposer à des représailles judiciaires. Le DAL quant à lui estime que la dignité humaine prévaut sur toute autre considération, et continue à demander la réquisition de logements vides. En réponse, la municipalité a entrepris d’accentuer la pression sur les représentants de l’Etat. En novembre 2010, le maire Daniel Delaveau avait convaincu le préfet de voter un plan d’urgence pour les mal-logés, et son équipe a lancé en mai dernier un dispositif baptisé «CoorUS» (Coordination d’Urgence Sociale). D’autres communes de Rennes Métropole, notamment celles dans lesquelles le DAL a ouvert des squats, ont accepté de participer à ce programme qui a permis la mise à disposition de 75 logements dans l’agglomération. Des efforts consentis en dehors de toute obligation légale, mais jugés insuffisants par l’association qui prend en charge un nombre toujours croissant de mal-logés.  

    Le lien entre le DAL et la mairie n’est pourtant pas totalement rompu, puisque tous les mercredis matin l’association se présente devant l’élu de permanence pour faire remontrer à la préfecture les dossiers les plus récents ou les plus sensibles. Entre l’indifférence de l’Etat d’une part, et les protestations des associations d’autre part, les autorités locales semblent faire office de fusible social. Pour l’heure, les pouvoirs publics et les militants pour le droit au logement sont toujours face à une équation insoluble : respect de la légalité contre urgence humanitaire, à qui la primauté?

Olivier ROTH - 27 Décembre 2011 - Rennes


http://www.rennestv.fr/RennesTV_BETA/MAGAZINE/Entrees/2011/12/27_Les_squats_du_DAL_a_lepreuve_de_lhiver___On_compte_sur_lhumanisme_de_la_justice.html