dimanche 22 août 2010

Comment la mairie de Rennes reçoit les demandeurs d'asile le mercredi matin

Ce mercredi plus d'une cinquantaine de demandeurs d'asile en quête d'un hébergement étaient réunis place de la mairie.

Depuis un an ce rendez-vous hebdomadaire, mis en place par le Dal35, a pour but d'interpeller la Mairie de Rennes et la préfecture d'Ille-et-Vilaine afin d'obtenir quelques places supplémentaires dans le dispositif restreint de l'accueil des migrants de ce département.

Tout au moins pour les familles avec enfants, les femmes enceintes ou les personnes malades, dites prioritaires, car depuis longtemps plus personne dans les services concernés ne juge utile de s'intéresser vraiment aux couples sans enfants ou aux célibataires tant actuellement ce dispositif d'accueil est reconnu comme insuffisant.

Ce qui indirectement induit à considérer comme logique ou inévitable pour ces derniers de devoir survivre et vivre à la rue. Mais là n'est pas notre propos. Bien que nous nous ne cessions de dénoncer cette commodité pour diviser par deux le problème des sans-abri.

Tant et si bien que malgré nous, au fil du temps, le Dal35 a dû se plier aux désidérata municipaux qui consistent pour l'élu(e) de permanence à ne recevoir que les personnes considérées comme prioritaires. Toutefois, et la police veille à l'entrée pour qu'il n'en soit pas autrement, l'élu(e) n'accepte qu'une famille et la présence d'un militant du Dal35 à la fois.

Rappelons que depuis un an en vain nous demandons une salle pour être reçus et un élu de référence qui puisse efficacement suivre les dossiers....

C'est ainsi que ce matin nous n'avons pu présenter qu'une seule famille alors qu'elles étaient plusieurs en quête d'un hébergement à attendre.

Faute de temps, faute d'empressement à résoudre les problèmes, faute de préparation en amont à nous recevoir alors que notre rendez-vous est hebdomadaire, faute de volonté politique, faute d'engagement humanitaire, faute d'une décision collégiale et municipale de ne pas vouloir passer outre ou déplaire à une politique préfectorale qui elle-même répond à une politique nationale....

Une seule famille a donc été accueillie ce mercredi matin. L'élu a décroché son téléphone pour appeler le 115, bien que la famille l'ait déjà fait. Le 115 a répondu de s'adresser directement à la préfecture. L'élu n'a pas insisté. L'entretien était terminé. La famille restera à la rue.

Alors recevoir une autre famille aurait servi à quoi ? Le temps ne le permettait pas mais dans le cas contraire aurait-on rejoué le même scénario indéfiniment ?

Certes le Dal35 établit la liste de toutes les personnes. Celle-ci est par la suite communiquée par fax à la préfecture par les services municipaux comme chaque semaine depuis un an. Un simple courrier qui restera sans effet.

Chaque semaine il en va ainsi. Au mieux deux ou trois familles sont reçues. Chaque élu rencontré proteste de son intérêt pour les gens à la rue, invoque ses actions (qui doivent rester secrètes) en faveur des plus démunis (j'ai déjà mes pauvres!), témoigne de son activisme en prenant pour exemple quelques rassemblements devant le CRA et finit par avouer son impuissance et parfois son incompétence. Ensuite, il expédie la famille reçue de façon plus ou moins expéditive : RDV l'après midi (sans solution), promesse de rappeler (rarement tenue) ou tout simplement un mariage à célébrer quand ce n'est pas l'heure de déjeuner. Ils affirment faire le maximum. Nous ne sommes pas de cet avis. Quelques coups de fils et un fax ne peuvent suffire.

Le Dal35 attend toujours que la ville de Rennes fasse officiellement une demande de réquisition au préfet, que des élus protestent vivement contre cette politique inhumaine tant au conseil municipal qu'en préfecture.

mardi 17 août 2010

Assignation en référé expulsion 28, bd de Guines à Rennes.

L'avocate de la ville de Rennes ne s'est pas opposée à notre demande de report. Le référé expulsion sera donc étudié le vendredi 17 septembre à 9 h 00.

jeudi 12 août 2010

Rennes : La politique du pire en marche....

Le Mardi 17 août 2010 à 9H30, la Ville De Rennes, représentée par son Maire, Monsieur Daniel DELAVEAU, assigne en référé expulsion, au tribunal d'instance de Rennes, 25 demandeurs d'asile !

Petit rappel des faits : 
- La Ville de Rennes est propriétaire d'un immeuble à usage d'habitation, situé 28, boulevard de Guines à Rennes, cadastré section DH sous le numéro 115 mais vide de toute occupation depuis longtemps.
- Le 11 juin 2010  des demandeurs d'asiles à la rue accompagnés par des militants du Dal35 officialisent la réquisition du bâtiment, ouvert depuis le 7 juin.
- Le 14 juin 2010, la Police Municipale de Rennes fait les constatations d'usage et note l'absence d'effraction.


Depuis l'ouverture du lieu, les élus et la municipalité Rennaise ont régulièrement été sollicités pour obtenir conformément à la loi le relogement de toutes les personnes concernées ou en attendant pour une amélioration des conditions de vie telle que l'ouverture d'un compteur électrique mais en vain.
Aucun élu n'a répondu ou ne s'est rendu sur place. Néanmoins après divers échanges de mails le Dal35 a obtenu la mise à disposition de poubelles, puis l'inscription des enfants au centre aéré durant les mois d'été.

Le Dal35 s'étonne donc de cette soudaine accélération dans un processus qui aurait pour effet immédiat de remettre à la rue une vingtaine de personnes, dont des mineurs, des femmes enceintes ou isolées et des familles, dans le seul but de murer une maison, qui plus est par une municipalité qui ne cesse de se faire valoir sur les fronts de la solidarité, du logement social, du respect des lois et de la dignité des personnes.

Le Dal35 note par ailleurs que cette assignation communiquée le 6 août pour une convocation le 17 août laisse peu de temps aux occupants pour trouver un avocat et préparer leur défense. De plus, mais nous nous y attendions, ce n'est sûrement pas un hasard si celle-ci survient durant le début août, période estivale où les avocats et les militants se font rares, et où la pression médiatique est la plus faible.

Une précipitation et une mauvaise foi confirmées dans la rédaction de l'assignation qui stipule qu'aucun des occupants n'a effectué de demande auprès du Service Habitat Social de la Ville de Rennes, alors qu'il est notoire que ce service n'a aucune compétence pour l'hébergement des demandeurs d'asile, pas plus qu'ils ne peuvent constituer des dossiers DALO.
De même si le nom des personnes à comparaître est cité, aucune précision n'est apportée s'il s'agit d'une femme ou d'un homme, si bien que des enfants, contrairement à la loi, ont eux aussi une convocation au tribunal !
Mais encore.... la Ville de Rennes demande une astreinte de 75 € par personne et par jour de retard quand ces personnes vivent déjà avec seulement 10 € par jour.....

Conclusion : La Ville de RENNES, représentée par son Maire, Daniel Delaveau, décide de poursuivre en justice des personnes déracinées et fragilisées spoliées de leurs droits fondamentaux, au mépris des lois nationales et internationales, au lieu d'exiger clairement de la préfecture d'Ille-et-Vilaine de respecter celles-ci.
Certes cela est plus facile que de réclamer officiellement et publiquement une demande de réquisition au préfet ou de prendre fait et cause en faveur des plus défavorisés !

Pour mémoire plus de 100 personnes ont trouvé un refuge sur les réquisitions orchestrées par le Dal35, autant sont toujours à la rue..