lundi 28 février 2011

Réquisition 280 route de Fougères, suite


Lundi 28 février 2011, le point sur la journée.



09h25 : Visite courtoise d'un élément des services généraux. 35 personnes squattent les lieux.

10h00 : Visite tout aussi courtoise de la police de quartier.

11h00 : Visite des Domaines, gestionnaires des lieux. Constat de non effraction. Annonce de la venue d'un huissier.

11h15 : Visite d'un éventuel promoteur.

14h40 : Retour des services généraux. 50 personnes squattent les lieux.
Notre interlocuteur laisse entendre que la préfecture ne souhaite pas engager une procédure judiciaire mais résoudre rapidement la situation en proposant des places de logement. mais nous fournir une liste des personnes concernées.
Nous revendiquons un logement pérenne  pour tous et surtout pas de solutions de type 115 (aléatoires et  temporaires), puis  un délai  jusqu'au lendemain midi pour satisfaire sa demande.
Délai accordé.
Un rendez-vous est pris pour 18h00 pour qu'il puisse constater par lui-même le nombre réel de migrants présents sur la réquisition.

15h00. L'huissier passe, ce qui engage la procédure judiciaire.
 IL nous accorde le même délai que les renseignements généraux pour fournir  la liste des occupants.

18h00 : L'agent des services généraux revient pour plus de précision. Il constate la présence de 70 occupants, souhaite des détails sur les nationalités représentées et les cas particuliers,  (nombre d'enfants de moins de 10 ans, femmes enceintes, malades, etc)

19h00 : Appel du service migration  de la préfecture. Questions identiques sur la situation et le nombre des personnes présentes. Même chose que pour ses prédécesseurs : délai obtenu au lendemain.

Durant la journée nous avons sollicité la préfecture, la Mairie de Rennes et diverses associations pour obtenir matelas, couvertures et poubelles .

En vain.

Nous demeurons sans électricité, dans le froid et sans commodités sanitaires suffisantes.

La situation est explosive.

Nous demandons à chacun de prendre ses responsabilités, de respecter ses engagements.

Aux uns d'appliquer la loi, aux autres de nous soutenir.

La presse du jour :
Le Mensuel de Rennes
Ouest-France
20 minutes
France3 Haute Bretagne
TV Rennes 35




Réquisition 280 route de Fougères

Le point en bref....

Troisième nuit. Une trentaine de migrants se sont installés. Dans l'immédiat aucun représentant des forces de l'ordre ou de l'État n'est venu nous voir.
Hier soir nous avons officialisé la réquisition et finalisé une grande partie de notre installation. Cependant il nous manque des matelas et des couvertures.

Les articles de presse :

Le Mensuel de Rennes
Ouest-France



dimanche 27 février 2011

Réquisition en cours du DaL35 !

  
280 ROUTE DE FOUGÈRES
À RENNES 



Après une accalmie durant le creux de l'hiver, notamment du fait de la médiatisation de la réquisition du funérarium de la rue Louis Postel, le nombre de personnes à la rue est en nette progression ces dernières semaines.
Chaque jour qui passe le Dal35 est sollicité par de nouvelles familles qui, malgré nos interventions auprès des services de la préfecture ou de la municipalité rennaise, demeurent sans hébergement durant plusieurs jours de suite.
Par ailleurs certaines familles qui ont pu bénéficier d'un hébergement à l'hôtel durant la période hivernale vont très probablement, avant fin du mois de mars, rejoindre le flux des sans abri, en dépit des obligations de l'État de les accompagner dignement durant l'instruction de leur demande d'asile.
À ceux-ci devrait s'ajouter la centaine de migrants ayant obtenu gain de cause suite à la réquisition de Postel. En effet, la préfecture ne semble pas vouloir respecter ses engagements pour  leur attribuer des places en CADA, conformément à la loi, et la Mairie de Rennes qui, transitoirement a accepté de les accueillir, refuse de confirmer que le dispositif sera maintenu si la préfecture d'Ille-et-Vilaine venait à ne pas s'acquitter de ses obligations.
Le Dal 35, par souci d'anticipation, ouvre une nouveau lieu, un bâtiment vide appartenant à l'État, en vente et  sans affectation autre que celle des promoteurs. Il n'y a pas eu d'effraction puisque l'immeuble est depuis longtemps quasi abandonné, sujet à diverses visites et toujours non sécurisé. 
Nous appelons donc toutes les personnes, associations ou organisations à venir nous soutenir et nous accompagner, dès dimanche soir, dans ce nouveau défi.
Merci à tous.

mercredi 23 février 2011

Rassemblement du mercredi : lettre au Secrétariat Général de la Préfecture


 

 Dal 35                                        Rennes mercredi 23 février  2011
19 rue de Serbie                                                           
35200 Rennes

Objet : hébergement de demandeurs d’asile

               

                                                 Monsieur François Hamet
                                                 Secrétaire Général de la préfecture 
                                                 d’Ille et Vilaine
                                                              

 Monsieur le Secrétaire Général,

Comme chaque mercredi, des demandeurs d’asile en recherche ou sans hébergement se retrouvent  pour se présenter, accompagnés du Dal 35, à la mairie de Rennes, afin que celle-ci intervienne auprès de vos services.

14 personnes se sont présentées ce matin, dont trois familles avec enfants. Nous vous avions déjà parlé de :

          
-           De Mr B. E. et  Mme M. S. qui ne peuvent assurer   la scolarisation de leur fille, N., car ils n’ont été  que rarement hébergés à Rennes. D’autre part, Mme M. S. est enceinte et son début de grossesse est difficile.

-           De même de  la famille B. ( 3 enfants  de 10, 8 et 3 ans ), qui avec une grande énergie s’efforce d’envoyer ses enfants à l’école, même lorsqu’ils ne sont pas hébergés à Rennes.

-           De Mr B. B. et sa fille B. M?, 10 ans, scolarisée à l’école  Guillevic .


-          De Mme T. E. D. P., âgée de 58 ans, avec une hépatite c, très isolée.

Monsieur le Secrétaire Général, ces personnes sont demandeurs d’asile. l’Etat est responsable de leur hébergement pour la durée de la procédure de leur demande d’asile.  
Comment assurer la scolarité des enfants lorsqu’on change de lieu tous les trois jours, qu’on est envoyé souvent hors de Rennes et que l’hébergement n’est bien souvent assuré que pour la nuit ? Comment de même se soigner correctement dans ces conditions ?  Nous nous permettons de vous rappeler que ces personnes que nous vous signalons ont toutes besoin d’un hébergement pérenne auquel elles ont droit.

 Veuillez recevoir, Monsieur le Secrétaire Général, nos meilleures salutations.

                                                                  Le Dal 35
 NB : ce courrier est une lettre ouverte.



__,_._,___

mardi 22 février 2011

L'actualité du Dal35 :



I) Du lundi 28 mars au mercredi 30 mars : 

La caravane de l'ouest des sans-logis et mal logés passe à Rennes.

Tout un programme !



Pour l'accueil des caravaniers et/ou du public, nous sollicitons votre participation :
Merci de vous inscrire sur le planning en cliquant sur ce lien : http://doodle.com/kzmg324m425ts7fc

II) Encore et toujours, nous avons besoin de renfort : RDV le Mercredi de 9H30 à 11H30 à la mairie.
Afin de rendre visible le manque d’hébergement pour les migrants et pousser la mairie à agir, tous les mercredis matin nous accueillons les demandeurs d’asile à la rue et les présentons à l’élu(e) de service. Puis nous adressons une lettre faisant état du nombre de personnes mal ou non logées au secrétaire général de la préfecture.

III) L'AG statutaire du DAL35 : Elle s'est tenue le 24 janvier 2011. Si vous n'avez pu y participer et si vous n'avez pas reçu les rapports moral, financier et d'activités du DAL35 depuis plus d'un an, ceux-ci sont accessibles sur notre blog.

IV) Il n'est jamais trop tard pour adhérer : pour soutenir le DAL35, vous pouvez adresser un chèque minimal de 5Ɛ à Michel Guérin, 4, rue Monsieur Vincent, 35300 Rennes ou venir à nos réunions. La prochaine assemblée générale aura lieu le lundi 28 février à 20H30 à la MIR (7 quai châteaubriand à Rennes).

V) A propos d'adhésion : Le DAL35 vient quant à lui d'adhérer aux amis de RESF.


VI) Les réunions du Comité d'Action ou des membres actifs: Vous pouvez aussi y participer. Elles ont lieu chaque lundi à la MIR sauf exceptions. Les 1er et 3ème du mois à 18H30 et les 2ème et 4ème du mois à 20H30.

Les problèmes de logement demeurent et pourtant :






Aussi, le DAL35 continue d'agir et de lutter :

VII) Une nouvelle victoire suite à l'occupation de l'entreprise ERDF, 74 boulevard Voltaire à Rennes :
Un mois de démarches auprès d'EDF et d'ERDF suivi d'une occupation pacifique pour obtenir le branchement officiel du courant dans l'une de nos réquisitions ! Pour plus de détails, voir notre blog.

VIII) Le 115, l'hébergement chimérique proposé par l'état : c'est un hébergement d'accueil éphémère des personnes à la rue par la préfecture. Les places sont en nombre limité et pour la nuit seulement. En conséquence, ces personnes alternent entre des nuits à la rue et des nuits à l'hôtel, souvent dans un lieu différent et les enfants des familles ne peuvent être scolarisés.
En conséquence, 31 personnes sans logement ou héberger provisoirement par le 115 se sont présentées à nous ce mercredi 16 février !
Et que vont devenir les 80 personnes de Postel hébergées jusqu'au 31 mars par l'état, la mairie ou le conseil général, à qui une place en CADA a été promise et qui l'attendent toujours ?
Que vont devenir encore les occupants des deux autres réquisitions condamnés à l'expulsion le 31 mars prochain pour les uns, le 19 mai pour les autres ? 

Lettre au Président du Conseil Général



Dal 35                               Mercredi 16 février 2011
19 place de Serbie
35200 Rennes                              
                                               

                                        Monsieur Jean–Louis Tourenne
                                        Président du Conseil Général



 Monsieur le Président :

Depuis septembre 2009 le Dal 35 accompagne, tous les mercredis matin,  auprès de l’élu( e) de permanence de la mairie, des demandeurs d’asile dépourvus du logement que selon la loi la préfecture devrait leur fournir.

Parmi ces demandeurs d’asile figurent souvent des familles avec enfants. Ceux-ci, quand ils sont en âge d’être scolarisés, sont tous scolarisés à Rennes. Mais comment suivre régulièrement une scolarité lorsque les hébergements provisoires fournis par le 115  vous amènent une fois à Vitré, une fois à Fougères, une fois à Rennes…et parfois à la rue ? et que les bons de transports ne sont fournis aux familles que pour aller le premier jour et revenir le dernier , laissant à leur charge le transport quotidien s’ils veulent envoyer leurs enfants à l’école .

En raison de votre responsabilité dans le domaine de l’aide à l’enfance, nous tenons à vous signaler les  quatre familles  avec enfants que nous avons rencontré ce matin :

1)    La famille B. :  Mr, Mme et leurs trois enfants, âgés respectivement de 10, 8 et 3 ans, inscrits à l’école de l’Ille.
2)    La famille B. : Mr, Mme et leurs deux enfants, âgés de 15 et 6 ans, inscrits à l’école des Hautes –Ourmes et à l’école Guillevic.
3)    La famille B. : Mr et sa fille, 10 ans, scolarisée à l’école de la rue Guillevic. Cette famille a parfois dormi dehors.
4)    La famille E., Mr, Mme et leur fille âgée de 4 ans qui voudrait bien aller à l’école mais qui ne le peut pas du fait de la diversité des hébergements proposés.


On parle beaucoup des droits des enfants. Nous nous trouvons devant une situation où ces droits ne sont pas respectés.

Veuillez recevoir, Monsieur le Président ,l’expression de  nos meilleures salutations

                                                        Le Dal 35
Rassemblement du mercredi : lettre au Secrétariat Général de la Préfecture
 


Dal 35                                         Rennes mercredi 16 février  2011
19 place de Serbie
35200 Rennes


Objet : hébergement de demandeurs d’asile

                                                           
                                                 Monsieur François Hamet
                                                 Secrétaire Général de la préfecture 
                                                  d’Ille et Vilaine
                                                  2 avenue de la préfecture
                                                  35000 Rennes 



 Monsieur le Secrétaire Général,


Comme chaque mercredi, des demandeurs d’asile en recherche ou sans hébergement se retrouvent  pour se présenter, accompagnés du Dal 35, à la mairie de Rennes, afin que celle-ci intervienne auprès de vos services.

31 personnes se sont présentées ce matin, dont quatre familles avec enfants ( 7 enfants de 4 à 15 ans), 6 personnes malades, 2 femmes enceintes. Nous soulignons particulièrement la situation des personnes suivantes :

-  Monsieur C. J. et Madame E. S arrivés début février n’ont rendez-vous dans vos services que  le 19 avril . Madame E. S. est enceinte, doit accoucher le 27 février prochain. Aller d’hôtel en hôtel n’est sûrement pas  indiqué dans son état. Le drame de Madame Ganaa devrait nous tenir en alerte ! Et que feront-ils une fois que  le bébé sera là ?

-          Mr B. B. et sa fille B. M., 10 ans, scolarisée à l’école Guillevic dorment parfois à la rue. Ils rencontrent vos services vendredi.

-  Mr  N. J. 18 ans, n’a pas d’hébergement  pour ce soir.
        
-           Nous vous avons déjà parlé de la situation :

-           de Mr O. V.  qui doit être opéré à la mi avril et dont l’état nécessite un logement fixe…il est hébergé jusqu’à demain au foyer Benoît Labre à Rennes qu’il doit quitter le matin jusqu’au soir.

-           De   Mr K. I.  et Mr N. E?  eux aussi  dans un mauvais état de santé et qui dorment  souvent à la rue.

-              De Mr B. E. et  Mme M. S. enceinte qui ne peuvent assurer   la scolarisation de leur fille, N., car ils n’ont jamais été hébergés à Rennes. De même la famille B? ( 3 enfants) et la famille B. ( 2 enfants)

Monsieur le Secrétaire Général, ces personnes sont demandeurs d’asile. l’Etat est responsable de leur hébergement pour la durée de la procédure de leur demande d’asile. Elles ont toutes besoin d’un hébergement pérenne.

 Veuillez recevoir, Monsieur le Secrétaire Général, nos meilleures salutations.

                                                                  Le Dal 35
 NB : ce courrier est une lettre ouverte.

mercredi 16 février 2011

Monsieur le Directeur, EDF, Service Clients


DAL 35                                                 Rennes le 15 février 2011
19 Place de Serbie
35200 Rennes
                                                           Monsieur le Directeur
                                                           EDF Service Clients
                                                           TSA 90002
                                                          93733 Bobigny Cedex 9       


Monsieur le Directeur,


                        Nous tenons aujourd'hui à attirer votre attention sur le traitement réservé par vos services à un groupe de personnes souhaitant s'abonner  pour la fourniture d'électricité.

                        A Rennes, les services préfectoraux se mettant régulièrement dans l'illégalité en n'hébergeant pas les demandeurs d'asile comme la loi le prévoit, une vingtaine de personnes avec des enfants s'installent dans une réquisition ouverte par l'association DAL 35. La ville de Rennes, propriétaire des locaux, intente une action en justice pour les expulser, mais le tribunal leur accorde un délai jusqu'au 31 mars.

                        Début janvier, les services municipaux nous informent que le branchement sauvage effectué par les résidents pour se fournir en électricité est dangereux. Les résidents décident alors de se mettre en règle et de s'abonner à EDF. Parlant très peu français, ils chargent un membre du DAL de faire les démarches en leur nom.

                        Mais ce qui pour certains n'est qu'une formalité effectuée en quelques minutes va se révéler pour eux un véritable parcours du combattant. Pourtant, tout avait bien commencé. Le vendredi 14 janvier, je téléphone pour prendre des renseignements, tout semble très simple. Le conseiller a trouvé l'adresse, a vu qu'il y a 4 compteurs, fermés depuis 2008, je lui ai expliqué que les personnes ne pourraient pas payer par prélèvement automatique, rien ne semblait poser problème.                  
                       
                        Le lendemain, samedi 15 janvier, j'appelle  pour réaliser l'abonnement. La conseillère m'explique très gentiment que je ne peux faire ces démarches en leur nom, que je dois être mandatée pour cela et qu'elle va m'envoyer les documents nécessaires.  Je lui explique que c'est urgent, les personnes étant déjà installées dans les logements et ne peuvent rester longtemps sans électricité avec leurs jeunes enfants. Elle m'affirme que tout ira vite. Je recevrai ces documents le 25 janvier, soit dix jours plus tard !

                        Le lundi 17 janvier, pour essayer de gagner du temps, je me rends avec les 4 personnes concernées dans les locaux d'une association pour pouvoir utiliser un téléphone fixe. Là, le conseiller m'explique que s'il acceptait 4 abonnements sans prélèvements automatiques, il "se ferait taper sur les doigts". Il me propose alors de me rendre à une borne. Naïvement, je pense qu'à cette borne je pourrai enfin parler directement à quelqu'un, ça me semble une bonne solution et j'accepte. Je pars, toujours accompagnée des 4 personnes, à l'adresse indiquée : la poste boulevard du Colombier.
                        Là je trouve bien la borne, mais toujours pas d'interlocuteur : juste un téléphone. Je suis contente d'apprendre qu'on peut téléphoner gratuitement à EDF, mais ça ne règle pas mon problème. Je finis par avoir un conseiller, qui m'explique que 4 abonnements d'un coup ce n'est pas possible, mais que je peux envoyer un fax. Ce que je fais aussitôt.

                        Le jeudi 20, je rappelle encore une fois. J'explique au conseiller que j'en suis à mon septième coup de téléphone. Il me dit que s'abonner par téléphone sans prélèvement automatique ce n'est pas possible - le vendredi 14 on m'avait affirmé le contraire - et il me donne une adresse à Bobigny. Il me donne les numéros de points de livraison et les matricules des compteurs et me dit qu'avec ça ça ira très vite. J'écris le jour-même. Quelques jours plus tard, un message téléphonique : nous avons reçu votre courrier, téléphonez et donnez vos coordonnées bancaires !
                       
                        Le 25 janvier, je reçois enfin les formulaires pour être mandataire des demandeurs, je les fais signer et les renvoie à Bobigny.

                        Puis plus rien. Le 7 février, je reçois enfin un appel de ERDF qui me propose un rendez-vous le lendemain pour effectuer les branchements. Trois semaines se sont écoulées depuis mon premier coup de téléphone !

                        Ce n'est pas encore terminé, des complications vont se faire jour avec ERDF, que nous avons traitées directement avec eux. Ils nous ont affirmé que notre demande ne leur est parvenue que le 7 février et qu'ils l'ont traitée aussitôt. Juste un dernier détail concernant EDF : ERDF ne s'est pas présenté au rendez-vous du 8 février, mais j'ai reçu un message de confirmation sur mon téléphone : " EDF vous informe : votre demande de mise en service a bien été prise en compte, merci de votre confiance." !!!


                        Cette lettre n'a pour but que de vous alerter sur les difficultés que peuvent rencontrer de nombreuses personnes dès lors qu'elles sont dans une situation un peu particulière. Nous sommes bien conscients que notre démarche était un cas particulier pouvant poser des difficultés. Chaque fois au téléphone nous avons eu affaire à un conseiller différent, par ailleurs très aimable, qui nous a donné des informations, parfois contradictoires avec celles du conseiller précédent, mais jamais une personne qui suive l'ensemble du dossier. Une famille " dans les normes ", pouvant fournir ses coordonnées bancaires, obtient un abonnement en quelques minutes.  Une famille habitant ( non par choix !) un logement non conventionnel, ou n'ayant pas de téléphone fixe, ou ne pouvant payer par prélèvement bancaire, ou ne maîtrisant pas bien le français, se voit confrontée à  des difficultés  importantes. Mais ces personnes ont droit à l'énergie !

 N'est-il pas invraisemblable qu'à aucun moment on ne nous ait proposé de nous rendre à un guichet où nous aurions pu avoir un interlocuteur qui aurait pu suivre ce dossier ?

La situation décrite a toute chance de se reproduire. Nous vous demandons donc de nous indiquer où nous pourrons nous adresser la prochaine fois pour obtenir la fourniture d’électricité dans un délai acceptable, service public oblige !

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur, l’expression de mes salutations distinguée

                                                           Pour le DAL 35
                                                           Armelle Bounya


Copie à :
            -Monsieur lre Directeur
            Agence EDF
            64/74 Bld Voltaire
35000 Rennes

-Monsieur le Directeur
ERDF Ouest
35 bis rue Crossardière
53000 Laval

-Monsieur le Médiateur national de l’énergie
libre réponse 59252
75443
Paris cedex 09


                       




mardi 15 février 2011

Occupation des locaux de ERDF du 11 février 2011: objectif atteint !

   L'occupation de quelques heures des locaux de ERDF de Rennes aura été suffisante pour qu'enfin, après plus d'un mois de tractations, les compteurs éclectiques soient de nouveau branchés.
   Le soir même, une équipe d'urgence intervenait.

lundi 14 février 2011

L’odyssée tragique de la famille Ganaa



Rue 89 - Par Richard Moyon
Amarjargal Ganaa, Mongol de 34 ans, vient de recevoir de la préfecture d'Ille et Vilaine l'autorisation de séjour qui va lui permettre de vivre auprès de ses trois enfants de 13 ans, 2 ans et 1 mois. Tout est bien qui finit bien ?
Pas vraiment parce que si l'issue aurait pu être plus tragique encore, cette affaire n'en est pas moins emblématique des conceptions du gouvernement français et de quelques autres : des tours en jets privés offerts par le contribuable ou des amis dictateurs pour les uns, la prison, la misère et la mort pour les autres. Qu'on en juge.
Amarjargal Ganaa et sa femme Alta Ming sont arrivés aux Pays-Bas, elle en 2006, lui en 2007, leur fils Ulaaka étant confié à sa grand-mère. Déboutés de leur demande d'asile, ils se retrouvent sans-papiers.

Les parents en rétention, les enfants confiés à leur tante

En juin 2010, Alta Ming est arrêtée et placée en rétention, quelques semaines à peine après que son fils aîné (13 ans) a rejoint ses parents et son frère cadet, né en 2008 à Rotterdam. Le 28 octobre 2010, Amarjargal Ganaa est à son tour arrêté. Les deux parents en rétention, les enfants sont confiés à leur tante.
Alta Ming dont la grossesse est à risque finit par être libérée le 20 novembre 2010, avec obligation de quitter les Pays-Bas sous 48 heures. Ses enfants et elle se réfugient, si l'on ose dire, en France, à Rennes, où vit une petite communauté mongole.
Sans ressources et sans domicile, elle dort chez les uns et les autres, bénéficiant parfois d'un hébergement d'urgence ou passant la nuit dehors avec ses enfants.
Alta meurt en accouchant prématurément le 4 janvier. Elle avait 34 ans. Son enfant peut être sauvé. Il est placé en couveuse. Ses deux aînés sont recueillis par une famille mongole amie sous le contrôle de l'ASE (aide sociale à l'enfance). Maintenu en rétention, leur père n'assiste pas aux obsèques de sa femme.

Bras de fer sordide entre la France et la Hollande

Une sorte de bras de fer sordide s'engage alors entre les gouvernements français et néerlandais, une vilaine partie de mistigri dont l'enjeu est de savoir qui n'accueillera pas la famille Ganaa.
Dans cette affaire, quelles que soient les pieuses déclarations a posteriori des uns et des autres, les considérations humanitaires ont bien peu compté. Alta Ming meurt le 4 janvier, laissant trois orphelins livrés à eux-mêmes.
Ce n'est que dix jours plus tard que les autorités néerlandaises (qui de toute façon ne peuvent pas expulser Amarjargal Ganaa, le consul de Mongolie ayant refusé de le reconnaître) proposent de le libérer… à la condition expresse qu'il quitte immédiatement leur territoire pour la France.
Pendant dix-sept jours (du 13 au 31 janvier), Hortefeux fait de la résistance. Le sort des enfants semble le cadet des soucis des uns et des autres.

Pression des associations et des médias

En réalité, la solution est imposée par la pression des associations [parmi elles, le Réseau d'éducation sans frontières dont l'auteur de cette tribune est membre, ndlr], des médias et de l'opinion. Ouest-France, France 3, Libération, L'Humanité publient des reportages sur cette affaire effarante. Les informations tournent sur Internet. Des parlementaires européens, dont des néerlandais, écrivent à La Haye.
Un rassemblement pour exiger la libération d'Amarjargal Ganaa est prévu le 2 février devant l'ambassade des Pays-Bas à Paris. La veille, le 1er février, l'ambassade néerlandaise augmente la pression sur le gouvernement français en publiant sur la page d'accueil de son site une note signalant que « dans l'intérêt des enfants » les Pays-Bas sont disposés à libérer M. Ganaa si le gouvernement français lui permet de rejoindre ses enfants.
Hortefeux cède : il autorise l'entrée d'Amarjargal Ganaa. Au grand soulagement des diplomates néerlandais, le rassemblement est annulé.

Tiré d'affaire sur le plan du droit de séjour

Le 7 février, Amarjargal Ganaa était accueilli à Roissy par ses fils Ulaaka et Amarbayasqalan et la famille qui les avait recueillis, une députée européenne, des militants RESF et des caméras de télévision. A Rennes, il était attendu par plusieurs dizaines de soutiens et la presse. Le lendemain, il était reçu en préfecture où une autorisation de séjour lui était délivrée tandis que son collectif de soutien lui trouvait presque miraculeusement un logement.
Le voilà donc tiré d'affaire… du moins sur le plan du droit au séjour, parce que, pour le reste, les autorités néerlandaises et françaises coalisées ont tout fait pour dévaster sa vie ! Il sort de trois mois d'internement en centre de rétention, sa femme est morte d'épuisement en accouchant de leur troisième enfant après avoir, elle aussi, passé cinq mois en centre fermé suivis de six semaines d'errance à Rennes.
Il se retrouve avec ses trois enfants, dont un nouveau-né, seul, dans un pays dont il ignore tout, avec pour tout bagage une petite valise.
Au-delà de l'histoire dramatique de cette famille, comment n'être pas frappé par l'absence de scrupules des plus hauts responsables de l'Etat qui, d'un côté, n'hésitent pas à faire de la démagogie en s'emparant de faits divers tragiques mais d'un autre côté déploient un arsenal juridique et policier qui aboutit, lui aussi à des drames qu'ils occultent cyniquement.

vendredi 11 février 2011

Mobilisation pour la réquisition boulevard de Guines. Rassemblement Vendredi 11 février à 16 H au 74 boulevard Voltaire à Rennes.

Concernant la réquisition Bd de Guines, depuis plus d'un mois nous essayons d'obtenir un branchement électrique normalisé, comme prévu par la loi.
ERDF bien qu'ayant tous les papiers justifiant le droit d'occuper cette maison par décision judiciaire fait la sourde oreille et nous pose régulièrement des lapins...
Pire ils passent régulièrement débrancher le raccordement sauvage quand la police ne vient pas confisquer les câbles !

De fait ceux qui nous demandent de normaliser notre situation nous en empêchent arbitrairement !
Conséquence : les branchements sauvages deviennent de plus  en plus aléatoires et dangereux puisque nous n'avons plus le temps de les sécuriser.

Nous vous appelons donc à venir soutenir notre prochaine action : Un rassemblement  en vue d'une occupation pacifique pour obtenir satisfaction.


Le Vendredi 11  février à 16 H 00 au 74 boulevard Voltaire à Rennes.

Merci de votre participation.

Dal 35

No Comment !


Lettre du Dal35 au Maire de Rennes.
(lien)

La réponse de Daniel Delaveau
(Lettre datée du 31 janvier 2011.)

 
Monsieur le président,

J'accuse bonne réception de votre correspondance en date du 11 janvier dernier et je vous en remercie.

Madame Alta Ming Jargal Ganaa, demandeuse d'asile d'origine chinoise s'est présentée deux fois en mairie de Rennes. Madame était accompagnée de deux enfants et enceinte. A aucun moment, elle n'a fait mention d'une autre pathologie.

A chaque fois, cette femme a été reçue et orientée vers les services habilités à l'accompagner dans sa situation et ses démarches ont été appuyées par la mairie de Rennes.

Au vu des démarches engagées par l'équipe municipale pour cette famille, je conteste les termes employés dans votre courrier "de sèche fin de non recevoir" pour décrire les différents entretiens.

Le 29 novembre 2010, madame Ming a été reçue par madame Vadillo dans la matinée.

Aucune place n'était disponible au niveau du 115. Il a été conseillé à madame de rappeler le dispositif à 17 heures puisque selon  la procédure, les places supplémentaires mobilisées dans la période de froid le sont à cette heure. Madame Vadilo, a elle-même, contacté le 115 en début d'après-midi pour signaler particulièrement cette famille. L'élue de permanence a demandé à Madame de revenir en Mairie si elle n'obtenait pas de place, ce qu'elle n'a pas fait.

Madame s'est présentée, à nouveau, le mercredi 15 décembre 2010 lors de la permanence de Madame Ana Sohier, conseillère municipale. Elle était logée jusqu'au 17 décembre par le 115. Sa situation a été tout de même particulièrement signalée le jour même au secrétaire général de la préfecture bien que madame était déjà hébergée. Nous lui avons conseillé de contacter le 115 dès le vendredi matin et de se présenter en mairie si rien ne lui était proposé par le dispositif d'hébergement d'urgence. Madame n'est pas revenue le vendredi 17 décembre. Nous en avons conclu qu'un logement lui avait été proposé.

Au-delà de ce drame, je crois que chacun doit avoir pleinement conscience de l'effort et de l'investissement de la mairie de Rennes en direction des publics les plus fragiles. Je vous rappelle, une nouvelle fois, que l'hébergement des demandeurs d'asile relève pourtant de la compétence pleine et entière de l'État. Pour autant, l'engagement qui est le mien et celui de la municipalité, c'est bien celui de continuer à renforcer, par un financement souvent exceptionnel, la réalisation de centres d'hébergements ou de réinsertion sociale pour les personnes en errance.

Cet engagement s'est traduit, depuis un an, par la mise à disposition de locaux municipaux permettant l'ouverture de "l'Abri" ( 26 places d'hébergement), l'ouverture du lieu d'accueil "La Pause" ou encore notre soutien au Secours Catholique pour l'ouverture de la "bagagerie". Tout récemment, ce sont encore 19 places d'hébergement d'urgence (et 20 autres places d'ici l'été prochain), gérées par l'association Foyer Benoît-Labre, qui ont également pu être réalisées grâce à la  mise à disposition d'un immeuble par Rennes Métropole, rue Monsieur Vincent.

La proposition de mettre en œuvre une coordination d'urgence sociale, actée de notre conseil municipal de décembre, s'inscrit également dans ce sens.J'ai ainsi proposé au préfet de mettre à disposition 80 logements pour reloger en priorité les personnes qui ont trouvé refuge dans l'ancien funérarium de la rue Louis Postel. La priorité qui est la mienne est désormais de conforter ce dispositif, en y associant l'ensemble des partenaires de l'hébergement d'urgence et de l'accompagnement social.

Malgré notre volontarisme, nous avons malheureusement conscience de ne pas résoudre toutes les  situations mais je tiens à réaffirmer notre détermination et la nécessaire mobilisation de tous pour abonder les dispositifs existants dans le respect du droit.

Je vous prie d'agréer, monsieur le Président, l'expression de mes  sentiments distingués.


Daniel DELAVEAU