jeudi 17 mars 2011

Rassemblement du mercredi : lettre au Secrétariat Général de la Préfecture


 



Dal 35                                                  Rennes mercredi 16 mars  2011
19 place de Serbie
35200 Rennes


Objet : hébergement de demandeurs d’asile

                                                           
                                                  Monsieur François Hamet
                                                  Secrétaire Général de la préfecture d’Ille et Vilaine
                                                              

 Monsieur le Secrétaire Général,

Comme chaque mercredi, des demandeurs d’asile en recherche et sans hébergement se retrouvent  pour se présenter, accompagnés du Dal 35, à la mairie de Rennes, afin que celle-ci intervienne auprès de vos services.

83 personnes se sont présentées ce matin, dont 15 enfants .

La situation devient dramatique pour 4 familles :

-          Mme L U, seule avec une petite fille de 2 ans, à la rue depuis quelques jours. Le 115 n’a plus de place.
-          Mr M P et Mme Ni B, 6 enfants placés en famille d’accueil du fait de l’absence d’hébergement. Le dernier des enfants est âgé de 3 mois, Mme N B va tous les jours à la pouponnière pour continuer à allaiter son bébé.
-           Mme D Roda, 4 enfants, hébergée par des amis qui ne peuvent plus continuer à l’accueillir ;
-          Mr R Ed et Mme J S O, 2 enfants, 1an 1/2et 7 mois, aussi à la rue.

 Veuillez recevoir, Monsieur le Secrétaire Général, nos meilleures salutations.

                                                                  Le Dal 35
 NB : ce courrier est une lettre ouverte.



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Rassemblement du mercredi : lettre au Secrétariat Général de la Préfecture


Dal 35                                        Rennes mercredi 9 mars  2011
19 place de Serbie
35200 Rennes


Objet : hébergement de demandeurs d’asile

                                                           
                             Monsieur François Hamet
                            Secrétaire Général de la préfecture d’Ille et Vilaine
                                                              

 Monsieur le Secrétaire Général,

Comme chaque mercredi, des demandeurs d’asile en recherche ou sans hébergement se retrouvent  pour se présenter, accompagnés du Dal 35, à la mairie de Rennes, afin que celle-ci intervienne auprès de vos services.

18 personnes se sont présentées ce matin, dont deux familles avec enfants .

Nous tenons à vous informer aujourd’hui de la situation de la famille M : Mr E M, sa femme enceinte de 7 mois et deux enfants de 4 et 3 ans qui sont inscrits à l’école.

Comme nous ne cessons de le répéter,  ces personnes sont demandeurs d’asile. l’Etat est responsable de leur hébergement pour la durée de la procédure de leur demande d’asile.  Ils sont à Rennes depuis la mi décembre, soit trois mois !  Comment assurer la scolarité des enfants lorsqu’on change de lieu tous les deux ou trois jours, quand ce n’est pas tous les jours ?Qu’on est envoyé souvent hors de Rennes  ? Comment mener à terme une grossesse dans ces conditions ?  A nouveau nous estimons de notre devoir de citoyen de vous rappeler que les personnes que nous vous signalons ont besoin d’un hébergement pérenne auquel elles ont droit.

 Veuillez recevoir, Monsieur le Secrétaire Général, nos meilleures salutations.

                                                                  Le Dal 35
 NB : ce courrier est une lettre ouverte.

vendredi 11 mars 2011

Réquisition 280 rue de Fougères : Le point après deux semaines de réquisition





La CEDH, Cour Européenne des Droits de l'Homme invite le gouvernement à fournir des renseignements, concernant les demandeurs d'asile occupant le 280 route de Fougères, avant le 1er avril.
Ceci n'est pas une condamnation mais la reconnaissance d'un doute sérieux, quant à la qualité de l'accueil des migrants en France et particulièrement à Rennes.

De fait jusqu'à cette date l'ordonnance d'expulsion est suspendue.

Cette semaine la préfecture a effectivement concédé une vingtaine de places d'hébergement aux plus fragilisés du 280.

Néanmoins il demeure une centaine de personnes sur le site ayant des droits identiques.


Liens presse :
Le Mensuel de Rennes
Ouest-France
TVRENNES35




Soulagement et répit sur la réquisition du 280 route de Fougères.



Décision de la Cour Européenne des Droits de l'Homme


Maître Mélanie Le Verger
Avocate
35000 RENNES

PAR COURRIER ET PAR TÉLÉCOPIE

Stasbourg, le 10 mars 2011

CEDH-LF3.2R (mod)
AG/ih

Requête n° 15171/11
Barry et autres c. France

Maître,

         Je vous informe que le juge désigné comme rapporteur en vertu de l'article 49 § 2 du réglement de la Cour a estimé nécessaire d'obtenir de la part du gouvernement défendeur des renseignements complémentaires concernant votre demande d'application de l'article 39 du règlement.
       
        En conséquence, il a été décidé de suspendre l'examen de cette demande d'application de l'article 39 du règlement, et se sur l'article 49 § 3 a) du règlement de la Cour, le juge rapporteur m'a chargé d'inviter le Gouvernement à me faire parvenir des observations sur les questions suivantes :

        - Compte tenu des circonstances spécifiques de la présente affaire, et à la lumière de l'arrêt de Grande Chambre M.S.S c. Belgique et Grèce (n° 30696/09 § 251 et suivants, le 21 janvier 2011). quelles sont les mesures que les autorités internes ont envisagé de prendre à l'égard des requérants ?

          Quelles sont les possibilité ou voies de recours à la disposition des requérants, demandeurs d'asile pourvus d'une autorisation provisoire de séjour, pour faire valoir leurs droits découlant de l'article 3 de la directrice 2003/9/CE du 27 janvier 2003 relative à des normes minimales pour l'accueil des demandeurs d'asile dans les États membres (" la directive accueil") ?

         Le Gouvernement a été invité à me fournir ces renseignements avant le 1er avril 2011.

         Ils seront portés à votre connaissance et vous aurez la faculté de les commenter par écrit au nom des requérants.

         Veuillez agréer, Maitre, l'assurance de ma considération distinguée.

                                                                                 J.S Phillips
                                                                                        Greffier adjoint de section

mercredi 9 mars 2011

Témoignage d'une militante du Dal35.


Les visiteurs des réquisitions nous demandent souvent :
- Mais où étaient tous ces gens avant l'ouverture de la réquisition du DAL ? Dans la rue ?
- Les hommes seuls étaient  parfois au 115, souvent à la rue. Les familles, pendant la période hivernale, avaient presque chaque soir une place au 115.

- Mais alors, pourquoi viennent-ils dans ce bâtiment glacial, sans électricité, sans eau chaude, sans douches ? Ne sont-ils pas mieux au 115 ?

- Parce que la vie au 115 est épuisante, très angoissante, déstabilisante...Vivre au 115, c'est appeler dès 9 h le lundi matin. Pour souvent s'entendre dire : "c'est trop tôt, nous n'avons pas encore commencé les répartitions. Rappelez plus tard." Rappeler à 10 h, sans réussir à avoir la ligne: " toutes les lignes de votre correspondant sont occupées, rappelez ultérieurement." Et à 11 h : " c'est trop tard, rappelez à 17 h." Tout cela si vous comprenez quelques mots de français. Sinon il faut trouver quelqu'un pour appeler pour vous. Il est vrai que très vite vous aurez le vocabulaire de base : "désolé pas de place, 3 nuits à Fougères, rappelez plus tard..."
Si vous avez obtenu une place, le plus souvent pour 3 nuits, dans un centre à l'extérieur de Rennes, il vous faut traverser la ville pour aller chercher un bon de transport puis attendre l'heure du départ. Vous adapter à un nouveau centre d'hébergement, à une organisation et un règlement différent. Dans certains centres, il faut quitter les lieux le matin à 9 heures et revenir à 18 h 30. Que ferez-vous en plein hiver toute la journée dans les rues de Vitré où vous ne connaissez personne ? Aller passer la journée à Rennes ? Si vous voulez, mais à vos frais, vous n'aurez un bon de transport que le dernier jour de votre séjour. Et si vous avez une convocation à la préfecture, un rendez-vous chez le médecin, chez votre avocat, aux restos du cœur ? C'est la même chose : pas de bon de transport.
Le jeudi matin, il vous faut refaire vos bagages, revenir à Rennes et tout recommencer : rappeler le 115 le cœur battant : aurez-vous une place ? A Rennes peut-être cette fois ? Retourner chercher un bon de transport, passer retirer votre courrier à la Croix -Rouge, peut-être passer chez les amis où vous avez laissé une partie de vos bagages, chercher un endroit pour manger, et repartir.

- Quels sont leurs revenus ?

Si vous êtes un nouvel arrivant, vous n'avez pas un sou en poche. Quand vous vous êtres présentés à la préfecture, vous n'avez pas pu entrer, on vous a donné un rendez-vous plus de deux mois plus tard. Ce jour-là, si tout va bien, vous pourrez retirer votre dossier de demande d'asile, vous aurez trois semaines pour le remplir, puis vous attendrez un mois pour recevoir la confirmation de votre enregistrement à l'OFPRA. Alors seulement, alors que vous êtes en France depuis presque 4 mois, vous pourrez enfin percevoir l'ATA ( Allocation Temporaire d'Attente versée par Pôle Emploi) 10,90 € par jour et par adulte.

- Cette vie peut durer combien de temps ?

Plusieurs mois. Une fois que la demande d'asile est enregistrée, vous avez droit à un logement un CADA. Mais actuellement le système est engorgé. La PADA ( plate-forme d'accueil des demandeurs d'asile ) affiche pour le mois de janvier 822 personnes en attente pour 22 places disponibles. L'attente peut durer encore des mois.

- Et les enfants ? 

Eh bien ils vous accompagneront dans cette vie d'errance. Ils déménageront tous les 3 jours en portant leur sac, ne rencontreront jamais d'enfants français, vous accompagneront dans toutes vos démarches, passeront des heures désœuvrés au centre d'hébergement ou dans une salle d'attente, partageront votre angoisse de ne pas avoir de place... Ils voudraient bien aller à l'école, mais comment faire ? Si vous avez eu la chance de rencontrer un militant d'une association, ils ont sans doute été inscrits dans une école rennaise. Mais si vous partez à Fougères, comment ferez-vous ? Madame B raconte : " Mes enfants ont 10 et 11 ans, je tiens à ce qu'ils fréquentent l'école régulièrement.  Quand nous allons à Fougères, nous avons 1 h 15 de transport jusqu'à Rennes puis le métro. Nous prenons le car de 6 h 45. Les enfants rejoignent leur école, et moi j'erre toute la journée dans les rues de Rennes. Et le soir à nouveau 1 h 15 de trajet. Nous dépensons 19 € par jour pour le car ! Et les enfants sont épuisés !". Madame B est arrivée en France en novembre, en mars elle n'a toujours pas d'hébergement stable.


Alors, si on vous dit qu'il y a une place pour vous dans une réquisition du Dal, peut-être choisirez-vous de poser vos bagages; retrouver chaque soir la même  chambre, les mêmes voisins; vous rendre à vos rendez-vous sans angoisse; envoyer vos enfants à l'école sans les réveiller à 5 h le matin; aménager votre espace, même petit, à votre façon; sortir les photos de votre famille; acquérir progressivement quelques objets personnels... Et tant pis s'il fait froid, s'il n'y a pas de douche ! La chaleur de la solidarité les remplace généreusement.

                                                Une militante du DAL35

lundi 7 mars 2011

Rassemblement avant la réunion du Conseil Municipal de Rennes (4)


Soutien à la réquisition du 280 route de Fougères




Suite à l'appel du Réseau logement 35, 150 personnes se sont réunies, place de la Mairie, ce lundi 7 Mars.

Lors des prises de parole, les associations ont apporté leur soutien au Dal35 et dénoncé, le fait qu'en dépit des lois, la Préfecture puisse laisser un nombre considérable de personnes à la rue.
Les associations ont insisté et condamné clairement, l'éventuelle utilisation, par la Préfecture, d'une justice d'exception, à l'encontre des habitants de la réquisition du 280 route du Fougères, pour les voir expulser, quand elle-même devrait les loger.
La Ville de Rennes a toute autant été décriée, pour s'être bien gardée de toute intervention, malgré les différents appels lancés, concernant une aide matérielle.
Et plus particulièrement sur son silence, jugé alarmant, quant à condamner l'attitude préfectorale.



samedi 5 mars 2011

. Lundi 7 mars à 18h15. Place de la Mairie à Rennes

Rassemblement en soutien à la nouvelle réquisition du DAL 35 au 280, rue de Fougères à Rennes
Le Réseau Logement pour toutes et tous 35 réaffirme son soutien à la nouvelle réquisition du DAL 35 au 280, rue de Fougères à Rennes et dénonce fermement la réaction de la préfecture d’Ille -Et- Vilaine.

Le site ouvert vendredi 25 février avec une vingtaine de migrants en abrite aujourd’hui plus de 80. Parmi eux des familles et des enfants malades. Leur nombre ne cesse de croître au fil des heures, confirmant une réalité pressentie depuis plusieurs semaines par les associations rennaises accueillant les migrants.
Or, mercredi 2 mars, la préfecture a obtenu du Président du tribunal de grande instance de Rennes une ordonnance d’expulsion SANS AUCUN DEBAT contradictoire, sans aucune référence à un texte de loi. Cette ordonnance permet dès lors l’évacuation à tout moment du lieu de réquisition, avec le concours de la force publique.
Le Réseau Logement dénonce ...
▪ ...les pratiques des services de l’État, qui non seulement n’appliquent pas la loi en laissant les demandeurs d’asile à la rue, mais qui les y rejette quand ceux -ci trouvent refuge dans un squat,
▪ ...l’ordonnance d’expulsion contraire à tout principe de débat contradictoire et de respect des droits, notamment de la défense,
et appelle ...
▪ ...les pouvoirs publics, à faire face à leurs responsabilités et à allouer des logements aux demandeurs d’asile,
▪ ...les citoyens à apporter aux personnes logées rue de Fougères, soutien et aide matérielle (matelas et couvertures manquent cruellement dans le squat sans électricité ni chauffage)
▪ ...les associations accueillant les personnes à la rue à exprimer leur désaccord avec cette mesure contraire au respect des droits les plus élémentaires de l’homme,
Le Réseau Logement pour toutes et tous 35, signataires :
CNT 35, Europe Écologie-Les Verts 35, FASE 35, MRAP 35, Relais Étranger, RESF 35

vendredi 4 mars 2011

Réquisition 280 rue de Fougères : Lumières !

 Et la lumière fut !


L'électricité a été rétablie aujourd'hui.
Nous recherchons maintenant des radiateurs électriques, des plaques de cuisson mais  il manque toujours quelques matelas.
Le Secours Catholique, nous a gracieusement donné un lot de couvertures. Nous les en remercions.

Lien Presse :
Ouest-France 

Réquisition 280 rue de Fougères : Soutiens.


Rassemblement Dal 35 place de la mairie mercredi 2 mars

Cinq jours après la réquisition du Dal35 d’un immeuble rue de Fougères pour loger les personnes à la rue, nous remercions tout particulièrement les personnes  associations venues apporter leur soutien, parfois modeste, mais chaleureux, solidaire et efficace. Nous avons ainsi reçu un nombre appréciable quoique encore insuffisant de matelas et couvertures. Les occupants, pour la grande majorité demandeurs d'asile, ne crèveront pas de froid au 280 rue de Fougères. Ce bâtiment non chauffé reste néanmoins préférable à la rue. 

Des citoyens respectueux des principes de la République et pour qui égalité et solidarité ont encore un sens,  sont également venus prendre des nouvelles et apporter leur soutien. Ces visites prouvent et renforcent la  légitimité de notre combat pour obtenir de la préfecture le simple respect de la loi.  

Mais nous  ne remercions pas la Mairie de Rennes : malgré plusieurs affirmations de quelques élus en privé   quant au soutien qu’ils pourraient apporter,  malgré des déclarations de principe pour s’offusquer de l’attitude de la Préfecture  lors de la réquisition de Postel,  nous constatons avec amertume, qu’à ce jour, aucune prise de position, aucune action, n’ont été envisagées par la Mairie. 
 
En effet,  malgré nos diverses sollicitations, la Mairie est aux abonnés absents, pas de visites, pas de soutien à la  logistique ( couvertures, poubelles… ). Attitude passive, complice, choix politique ? Attitude incompréhensible pour le moins.  Si ,la compétence du logement des demandeurs d'asile est compétence d’Etat, la Mairie est responsable des personnes vivant sur son territoire et responsable du respect des valeurs de la République en commençant par le respect des lois , des droits fondamentaux , et de l’égalité de tous devant la loi.   

Il s’agit d’êtres humains, familles, enfants, personnes malades à la rue !!!

Réquistion 280 rue de Fougères : 6 ième jour.





Incertitude quand à la réussite de la réquisition. L'aspect juridique reste confus. Néanmoins au 6ième jour, nous sommes toujours sur place.

Le départ de certaines familles avec enfants est déjà annoncé. Ils obtiennent le logement pérenne revendiqué.
Entre départs et arrivées, le nombre de personnes se stabilise.
La solidarité prend forme. De nombreux particuliers et quelques associations viennent apporter couvertures, matelas et duvets. (MCPL, Echange et Solidarité de St Thurial pour aujourd'hui)
Reste que cela est insuffisant. Malgré nos demandes répétées la Ville de Rennes et la Préfecture se refusent à toute aide matérielle.
Renseignements Généraux, Domaine, promoteurs, observent de plus ou moins loin.
Les radios sont présentes. Canal B, Radio bleu Armorique

Liens Presse ;
LibéRennes
Ouest-France
Le Mensuel de Rennes
Alter 1fo


jeudi 3 mars 2011

Iniquité d'un jugement

Justice d'exception.

Le président du TGI a pris une ordonnance d'expulsion sur demande du préfet de la Région Bretagne. Une
décision du président du tribunal de Grande Instance de Rennes, Dominique Couturier.

Tout propriétaire peut et se doit de demander un référé expulsion suite à la réquisition d'un bien immobilier lui appartenant.

Avant tout, rappelons que l'État, la préfecture en ce qui nous concerne, est le responsable. Elle a pour obligation le logement des demandeurs d'asile.

Que le président du TGI puisse signer, au profit du préfet, un ordre exécutoire d'expulsion contre des migrants ayant réquisitionné un bâtiment de l'État, alors que lui-même est le premier dans l'illégalité du fait de ne pas les loger, nous semble pour le moins contestable et choquant.

D'autant plus que le choix d'une procédure arbitraire est contraire à toute idée de justice et sème le doute sur l'indépendance de celle-ci face au pouvoir politique. Principalement dans le pays initiateur des droits de l'homme.

Qu'à cela ne tienne, détaillons la procédure.

 1) Bien qu'annoncée par voie de presse, et toutes les déclarations de ce type ne font pas gage de vérité, la procédure engagée n'a jamais été notifiée à qui que ce soit et n'est nullement nominative.
  2) Techniquement nous ne pouvons dire si la décision a été réellement rendue ou bien si nous sommes en présence d'une signature de gré à gré entre deux parties contre une autre.

  3) Puisque l'ordonnance n'a pas été adressée, les coupables ainsi pré-désignés n'ont pu être entendus, apporter une explication ou être défendus par un avocat, fût-il un avocat commis d'office.
  4) L'ordonnance d'expulsion a été donnée par l'huissier au président du Dal35, lui-même non concerné par cette affaire à titre personnel. De fait comme celle-ci était, encore et toujours, non nominative et ne comportait pas plus d'adresse, l'huissier aurait tout aussi bien pu déclarer être en incapacité de la distribuer.
  5) L'ordonnance, aléatoirement distribuée, ne comportait qu'un feuillet sur 6, soit la décision finale. Le constat fait par ce même huissier n'y figure pas.
  6) Pas plus que la requête et donc l'argumentaire de la décision et les textes de loi s'y référant. Sommes-nous en présence d'une déclaration d'insalubrité, d'une effraction caractérisée, d'un flagrant délit ou d'un trouble à l'ordre public ?
  7) Dans l'optique où ce dernier point serait retenu, il va de soi que si quelqu'un crée un trouble à l'ordre public, il ne peut-être autre que le préfet qui, en se refusant d'appliquer la loi, contribue à l'existence de sans-abri errant dans les rue de la ville de Rennes.
  8)  L'ordonnance n'indique pas la moindre indication quant à la possibilité d'être contestée, comme il se doit pour tout procès équitable.
  9)  Notre avocate a immédiatement faxé une requête en rétractation au TGI, avant de se rendre sur place pour demander une audience auprès du Président. Comble de la malchance ou iniquité absolue, Monsieur Couturier a signifié qu'il étudierait le dossier mais pas avant le lendemain. Ainsi a t-il  pris le risque de voir les forces de l'ordre intervenir avant même qu'un éventuel recours puisse être déposé.
  10) Aujourd'hui, Monsieur le Président du TGI vient de refuser de communiquer la requête à notre avocate Mr Mélanie Le Verger. Il affirme que l'huissier Emmanuel Graive aurait dû lui-même la transmettre.
  11) Pendant ce temps nous ne savons toujours pas si nous avons une possibilité de recours et si oui, le temps perdu nous est évidemment préjudiciable. Espérons que Monsieur Graive ne parte subitement en vacances.

Coïncidence troublante, il se trouve que l'avocat de la préfecture est le même que celui de la Ville de Rennes...

Artifice préfectoral.


Réunion Préfecture : derrière un soupçon d'humanité se profile l'usage disproportionné et condamnable de la force.

Mercredi 2 mars, la préfecture de Rennes invite ou convoque le Dal35 pour une réunion censée apporter des précisions sur la liste des occupants de la réquisition du 280 route de Fougères, liste effectuée à leur demande.
Nous précisons d'entrée que les services préfectoraux devraient en savoir plus que nous-mêmes sur leurs situations administratives et réaffirmons que tous ont droit à un logement, conformément à la loi.

La préfecture juge la réquisition en cours illégale et annonce immédiatement que le président du TGI a pris une ordonnance d'expulsion sur demande du préfet. Une décision du président du tribunal de Grande Instance de Rennes, Dominique Couturier. Nous l'ignorions mais celle-ci semble exécutoire et non contestable.
Nous condamnons la méthode mais actons le fait.
Après cette annonce brutale viennent les annonces prétendument positives. Celle de nous reconnaître comme interlocuteurs puisque nous sommes reçus.
Celle d'un geste de générosité qui consisterait à reconnaître comme justifiée une éventuelle solution pour une quinzaine de personnes  sur la centaine occupant la réquisition.(pour les familles avec enfants, les malades critiques, les réfugiés et uniquement ceux-ci).
Des solutions qu'ils ne peuvent apporter immédiatement et pour lesquelles ils refusent de s'engager sur la durée ou la pérennité, quand bien même il s'agit d'une famille dont 2 enfants sur 3 sont hospitalisés depuis plusieurs jours pour une forte suspicion de tuberculose, au risque d'une crise sanitaire dans  la population migrante, mais aussi rennaise et particulièrement dans une certaine enceinte scolaire.

Le manque de moyens financiers, planifié en amont par un gouvernement dont ils sont les obligés, justifie toutes les aberrations et demeure la pirouette favorite pour enfreindre la loi.
Ainsi reconnaissent-ils, sans aucune gène, ne pas satisfaire aux obligations légales concernant l'accueil des migrants et ne pas respecter leurs engagements.


Ils reconnaissent froidement qu'aujourd'hui 248 personnes et 15 familles sont à la rue. Et ils admettent que les solutions proposées lors de la négociation de l'évacuation de squat de Postel ne seront pas respectées.

Voici donc qu'une offre éventuelle d'un vingtaine de places serait une réponse appropriée et généreuse pour répondre aux revendications des associations sur le logement des migrants.

Jugeons en :

1) Pour le moins 60 personnes de "l'opération" Postel risquent de se voir de nouveau à la rue d'ici peu.
2) La réquisition Claude Bernard abrite quelques 25 migrants
3) Celle de Guines tout autant.
4 ) L'occupation par le Conseil des Migrants concerne une trentaine de personnes.
5) 120 personnes hébergées en hôtel ne le seront plus d'ici la fin du mois
6) 80 personnes pour le moins vont être expulsées du 280 route de Fougères.

60+25+25+30+120+80  font  un total de 340 personnes qui seront prochainement condamnées aux errances de la rue !
Sans compter celles qui ont trouvé refuge dans les associations ou chez des particuliers .

Conciliation ou négociation, l'offre préfectorale présentée est plus que dérisoire et ne être considérée comme un geste de bonne volonté.

L'affirmation d'une insuffisance budgétaire est évidemment toute aussi artificielle. Nous avons proposé d'autres solutions qui ne peuvent pas être envisagées, ont-ils précisé, puisque supposées politiques.

La fin des solutions onéreuses, type marchands de sommeil, en premier lieu
L'ouverture par le Conseil général 35 de ses nombreux logements de fonctions vides aux familles avec enfants.
La réquisition par le préfet, dont c'est la compétence, de logements vides. À défaut la réquisition de gymnases ou autres salles pour offrir un minimum d'abri.

En clair, nous avons eu des réponses de personnes dont les compétences sont administratives et dictées par des politiques, qui ne peuvent rien faire car leurs supérieurs sont des politiques qui répondent administrativement et du point de vue comptable.

Ce qui signifie que la place d'un demandeur d'asile est à la rue.

mercredi 2 mars 2011

Réquisition 280 route de Fougères : 4 ième jour


Mardi 1 er Mars 2011



Situation générale : 70/80 personnes présentes, dont une dizaine d'enfants.

9h30. Visite du représentant des renseignements généraux venu réclamer la liste des personnes présentes. Nous lui rappelons qu'elle sera prête à midi comme convenu.
Nous insistons en priorité pour obtenir une solution immédiate pour toutes les familles avec enfants.
Nous renouvelons le souhait d'obtenir l'électricité, couvertures, matelas et la mise à disposition de poubelles.

Aucune de ces demandes ne sera satisfaite.

La Ville de Rennes, de nouveau interpelée, refuse toujours de nous apporter une aide matérielle, ne serait-ce que des poubelles.

Durant la journée couvertures et matelas seront apportés par des particuliers et des associations (Pacé Solidarité, Entente Chrétienne Rurale). Sur ce plan la situation s'améliore mais demeure insuffisante.

Le Dal35 renouvelle son appel à la solidarité et sollicite exceptionnellement une aide financière auprès de ses sympathisants.

12h15 : Une première liste de 50 noms parvient à la préfecture. Une liste incomplète puisque certains migrants sont absents du fait de différentes convocations médicales ou administratives.

15h00 : Nous avons le plaisir et la satisfaction de recevoir sur les lieux Réseau Ville Hôpital. Ils interviennent à  la demande expresse de l'Agence Régionale de la Santé (ARS) qui souhaite un rapport détaillé sur les conditions de vie et de sécurité de la réquisition.

19h00 : Troisième visite des renseignements généraux. Il semble indiquer qu'une procédure d'expulsion est engagée.Cependant aucun élément sur le sujet ne nous est concrètement parvenu.
Puis est vaguement évoqué des doutes quant à la date réelle d'entrée et sur l'absence d'effraction. Nous rappelons nos déclarations et nos publications : à cette heure nous sommes au quatrième jour de la réquisition.


Lire et voir :


Écouter :

Hit West
France Bleu Armorique