dimanche 29 mai 2011

Réseau logement 35

Soutien aux expulsés du 280 route de Fougères !

Soutien à la nouvelle et aux futures réquisitions !


Le « Réseau logement pour toutes et tous 35 » exprime son indignation face à l’expulsion des migrants du bâtiment réquisitionné au 280 route de Fougères, ordonnée par la préfecture d’Ille-et-Vilaine.

L’évacuation le 2 mai à 6h du matin par les forces de l’ordre a remis à la rue une centaine de personnes déjà éprouvées par leur parcours migratoire, des situations personnelles souvent difficiles et l’arrivée en France dans des conditions rendues inacceptables par la politique du gouvernement en matière d’immigration.
En effet, la régionalisation des demandes d’asile et la réduction des moyens consacrés au dispositif d’accueil et d’hébergement des étrangers laissent la plupart des migrants à la rue et dans l’incapacité de déposer dans des délais décents leur demande d’asile. A ce jour, en Ille-et-Vilaine, ce délai est de cinq mois, pendant lesquels les migrants sont privés de toutes ressources.
Suite à l’expulsion par les forces de l’ordre de la réquisition rue de Fougères, et contrairement à la communication de la préfecture sur un relogement des migrants expulsés, les solutions proposées par la Mairie de Rennes, l’État et sept communes de Rennes métropole au sein du dispositif de Coordination d’Urgence Sociale (Coorus) et votées lors du dernier conseil municipal le 9 mai sont insuffisantes. Elles se réduisent à des hébergements d’urgence renouvelables tous les quinze jours et non à des logements pérennes, et ne concernent qu’une partie des migrants à la rue. Les personnes étrangères se retrouvent en concurrence dans ce système de turnover de l’hébergement qui les précarisent encore plus, les maintenant dans l’angoisse de la survie au jour le jour, et rendant impossible toute scolarisation des enfants dans la durée, la création de lien avec les Rennais, l’acclimatation dans un quartier, et même simplement toute possibilité de reprendre des forces moralement et physiquement.

C’est pourquoi le Réseau Logement exprime son soutien à la nouvelle réquisition du DAL35, une maison située au 25 rue Duguesclin à Thorigné-Fouillard.

L’ouverture de ce lieu dimanche 8 mai fait suite à l’installation, dans des conditions très précaires, d’une soixantaine de migrants expulsés de la rue de Fougères dans un camping à Chevaigné.

Les organisations regroupées au sein du Réseau Logement appellent les citoyens à amplifier l’action des habitants de Chevaigné et de Thorigné-Fouillard qui apportent leur soutien aux migrants et aux membres du DAL35 sous quelque forme que ce soit : aide matérielle, présence sur les lieux occupés par les migrants, simple visite.
Elles appellent, enfin, l’ensemble des communes de Rennes Métropole à s’impliquer dans l’accueil des migrants, à l’instar de ces deux communes, et à exiger de la préfecture l’attribution de logements pérennes pour toute personne quelles que soient son origine, sa nationalité ou sa situation administrative en vertu du principe fondamental du droit au logement et du respect de la dignité de tout être humain.

Les organisations signataires :

- Conseil des migrants
- CNT35 (Confédération Nationale du Travail)
- DAL35 (Droit Au Logement)
- FASE35 (Fédération pour une Alternative Sociale et Écologique)
- MRAP35 (Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples)
- PCF Rennes (Parti Communiste Français)
- PG35 (Parti de Gauche)
- Relais étrangers
- Union syndicale Solidaires 35


 http://logementpourtous35.org/spip.php?article23 

Lettre ouverte aux élus de Rennes Métropole

                                                                              
DAL35  
19 place de Serbie

35200 Rennes 


Rennes, le 27/05/11

Mesdames,  Messieurs les élus,
Le lundi 2 mai 2011, la préfecture a procédé à l’expulsion du 280 rue de Fougères   de  150 personnes, dont de très jeunes enfants, en déployant un arsenal de plus de 25 cars et d'une centaine de CRS. Ce faisant, elle déniait à ces personnes, l’accès aux droits les plus  fondamentaux : droit au logement, inscrit dans la loi, et droit d’accès à leurs propres biens (couvertures et matériel de première nécessité), tout au moins dans les quinze premiers jours qui ont suivi l’expulsion, puisque la Préfecture a fait transférer les biens des personnes dans un garde-meuble.
Cet événement s’inscrit dans l’inacceptable réalité d’une situation qui dure depuis plus de deux ans, à Rennes, imposant la rue à un grand nombre de migrants. Cette situation est liée entre autres, à  la fermeture en janvier  2008 de 3 plates-formes d'accueil sur 4 en Bretagne, obligeant tous les demandeurs d'asile à venir à Rennes.
Le nombre de places proposées par la Préfecture, gérées par le 115, dispositif d’urgence pour sans-abris, et l'AFTAM, demeure insuffisant. Si certaines personnes ont pu bénéficier d'un hébergement à l'hôtel ou en foyer jusqu'au 31 mai, trop nombreuses sont celles qui attendent toujours leurs places en CADA (Centre d’accueil pour demandeurs d’asile), trop nombreuses sont celles qui se retrouvent à nouveau à la rue.
Dès le lundi 2 mai, dans la journée, de nombreux militants et associations ont sollicité auprès de la mairie de Rennes une proposition de logements pour les personnes remises à la rue.
Dans l'urgence et en l'absence de propositions immédiates, nous avons dans un premier temps accueilli une soixantaine de personnes, adultes et enfants, dans une ancienne auberge inoccupée, avant de les installer dans un camping à Chevaigné avec l’accord de la mairie. Cependant, au vu des conditions sanitaires précaires, cette solution ne peut être que provisoire. De plus, une commune seule ne peut pourvoir à l’accueil de l’ensemble des demandeurs d’asile. Pour ces raisons, une grande partie des demandeurs d'asile a été d'ores et déjà transférée par nos soins vers un nouveau logement à Thorigné-Fouillard.
Quant au programme Coorus (coordination urgence social), projet élaboré au départ pour le relogement de 60 demandeurs d'asiles évacués, du funérarium de la rue Louis Postel l'effort supplémentaire envisagé ne peut répondre à l’urgence actuelle ni à la nécessité impérative de s’inscrire dans la durée. Avec la rotation prévue, même tous les 15 jours, les personnes concernées ne pourront mener à bien les multiples démarches exigées, mettre leurs enfants à l'école, et tout simplement vivre.
Nous leur devons un accueil digne !

Aujourd’hui nous faisons appel à chacun de vous, élu(e), pour prendre vos responsabilités et agir en proposant dans chaque commune des locaux habitables afin d’apporter le plus rapidement possible une solution à cette situation inhumaine et  scandaleuse qui dure depuis trop longtemps.
Nous espérons de votre part un élan citoyen, un soutien dans la dénonciation de cette politique, une participation active à la restauration des droits de chacun !
Vous pouvez  par exemple, réagir, intervenir  auprès du préfet, l’interpeller pour demander l'ouverture de plateformes d'accueil supplémentaires en Bretagne, exiger la  réorganisation des services de la préfecture pour réduire le délai d’attente de quatre mois pour l'enregistrement de la demande d'asile et l'ouverture des droits...
Comptant sur vous et sur votre engagement, nous vous prions d’agréer, Madame, Monsieur,  nos salutations respectueuses et citoyennes
                                                                                      Le DAL35

D'ailleurs - nous sommes- d'ici

 300 personnes ont manifesté :

« Contre le racisme, la politique d’immigration du gouvernement et pour la régularisation des Sans-papiers »

Rennes, samedi 28 mai 2011, la vidéo.


video

samedi 28 mai 2011

Thorigné-Fouillard


Expulsion du squat : le tribunal se prononcera le 10 juin

Depuis début mai, une partie des personnes évacuées du squat de la rue de Fougères ont trouvé refuge dans une maison de Thorigné-Fouillard. Ce vendredi matin, un huissier a signifié aux squatteurs leur passage devant le tribunal d'instance de Rennes, le 10 juin à 9 h. Rennes métropole, propriétaire de la maison, demande leur expulsion afin de récupérer ce bâtiment qui devait devenir des logements sociaux.
"Pour les précédentes occupations du boulevard de Guines et Claude-Bernard, le tribunal d'instance nous avait accordé un délais de six mois, se souvient Yannick Cottin, secrétaire de l'association Droit au Logement. Nous espérons bénéficier une fois encore d'un délais. A moins que l'Etat trouve des solutions durable pour loger ces gens." 


Les demandeurs d’asile convoqués au tribunal le 10 juin

Faits de société vendredi 27 mai 2011

Depuis le début du mois de mai, une vingtaine de demandeurs d’asile, avec l’aide de l’association Droit au logement, se sont installés, illégalement, dans une maison qui était inoccupée depuis plusieurs années. Ce vendredi matin, un huissier est venu signifier à ces familles leur passage devant le tribunal d’instance de Rennes, vendredi 10 juin, à 9 h. Rennes Métropole, propriétaire de la maison, a engagé une procédure d’expulsion afin de récupérer ce bâtiment qui fait partie du programme de logements sociaux mis à disposition de personnes en difficulté par l’Agence immobilière à vocation sociale (AIVS)

La situation semble bloquée pour les migrants - Chevaigné

mercredi 25 mai 2011

Les migrants ont trouvé refuge sur le site de l'ancien camping.
Article et Texte Ouest-France 25 mai 2011

Depuis le 5 mai dernier, les migrants chassés de Rennes campent sur le bord du canal, sur le site de l'ancien camping désaffecté, avec l'espoir de voir leur situation s'améliorer mais aussi avec le stress de ne pas trouver d'issue à leur condition.
Hulan Delger, jeune fille de 23 ans qui s'exprime un peu en français, raconte qu'elle est arrivée il y a deux ans à Rennes et n'a jamais trouvé de logement. Elle a vécu jusque-là de squat en squat, et essaye tant bien que mal de plaider la cause de ses compatriotes, venus comme elle de Mongolie. Tous parlent le chinois-mongol.
Ils sont 15, dont deux enfants en bas âge, et attendent sous la tente. Il en reste douze, les Somaliens étant partis. Une famille a installé de quoi faire la cuisine, car ils sont trop fatigués pour prendre le bus et aller à Rennes, depuis 24 jours qu'ils ont quitté la ville.
À Chevaigné, les adjoints et conseillers leur rendent visite régulièrement. Les employés communaux nettoient les lieux et les jours passent. Une question revient régulièrement : que peut-on faire ? Les autorités ne semblent pas pouvoir apporter de réponse. Un peu de chance dans leur malheur : le temps clément de mai leur a permis de ne pas tomber malades par le froid ou l'humidité...

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-La-situation-semble-bloquee-pour-les-migrants-_35079-avd-20110525-60550158_actuLocale.Htm 

jeudi 26 mai 2011

Rassemblement du mercredi : éniémé lettre au Secrétariat Général de la Préfecture


Dal 35                                       Rennes mercredi 25 mai 2011
19 place de Serbie
35200 Rennes

 Objet : hébergement, logement de demandeurs d’asile

                                                           
                                                 Monsieur François Hamet
                                                 Secrétaire Général 
                                                 de la préfecture d’Ille et Vilaine
                                                              

 Monsieur le Secrétaire Général,

Comme chaque mercredi, des demandeurs d’asile en recherche d’un hébergement, d’un logement qui corresponde à leur situation, se retrouvent pour se présenter, accompagnés du Dal 35, à la mairie de Rennes, afin que celle-ci intervienne auprès de vos services.

84 personnes se sont présentées ce matin, dont 13 enfants ( parmi eux 3 bébés et un enfant très handicapé ),  3 femmes enceintes, plusieurs femmes seules, beaucoup de personnes malades dont une  victime  de guerre ( Mr B M).  Nous insistons auprès de vous  sur des situations qui relèvent de l’urgence et sont  pour nous tout à fait inadmissibles.


-          Aucune solution pérenne n’a encore été trouvé pour Monsieur B M, victime de guerre, qui se déplace avec de grandes difficultés, doit être aidé pour les gestes de la vie quotidienne par sa femme Z dont l’état de santé nécessite un suivi médical important et  par son fils A.

-          Mme N L, accompagnée de son mari Mr N M et de leur fils D, 8 ans, est une grande malade qui est suivie par l’hôpital.. Arrivée à la mi avril, le rendez-vous à la préfecture est fixé à la fin  juillet, alors qu’elle doit subir une intervention chirurgicale et que son état nécessite un logement pérenne.

-          La famille B ( un enfant de 2 ans, A, une femme malade, M, un grand –père atteint d’une maladie chronique dégénérative ) qui doit attendre un rendez-vous à la préfecture début septembre et qui en attendant est tributaire du 115 sur-encombré.

-          Mme K N vient d’arriver avec son fils L très handicapé, a besoin d’un logement et d’un accompagnement.

-          La famille D ( 3 enfants de 10, 7 et 3 ans), ne sait où dormir.

-          La famille S ( un bébé de 2 mois), est trimballée d’hôtel en hôtel, alors qu’elle relève d’un logement en cada, de même la famille J avec un bébé de 3 mois, la famille M ( 1 bébé de 10 mois et 1 fille de 4 ans)

-          Mmes Y B Ur, M O,  O D, sont enceintes

-          Mesdames O C (arrivée en juillet dernier, malade, s’étonne d’avoir un récépissé de la préfecture mais toujours pas de logement),  Mme M A ( elle est arrivée en décembre dernier , son mari est à l’hôpital, cela lui arrive souvent de dormir dehors)  
  Veuillez recevoir, Monsieur le Secrétaire Général, nos meilleures salutations .


            Le Dal 35


NB : ce courrier est une lettre ouverte

mardi 24 mai 2011

Le Parti de Gauche - Europe Ecologie Les Verts - Gauche Unitaire


                                                                                                  Rennes, le 20/05/2011.
Organisations signataires :
Gauche Unitaire
Europe Ecologie Les Verts
Le Parti de Gauche


             à Monsieur le Préfet de Bretagne et d'Ille et Vilaine,


Objet : Demande d’audience.


          Monsieur le Préfet,

         Nous, formations politiques signataires de ce courrier tenons à exprimer notre préoccupation face à la détresse que vivent des demandeurs d'asile privés de logement en Ille et Vilaine.
        Nous condamnons l'expulsion intervenue lundi matin 2 mai 2011 au 280 rue de Fougères dans la mesure où elle ne nous semble aucunement justifiée.
       De nombreuses personnes se retrouvent maintenant hébergées sous des tentes sans possibilité de se nourrir correctement et dans des conditions d'hygiène déplorables.

        Devant l'urgence de la situation, nous sollicitons un rendez-vous afin de connaître les solutions que vous envisagez à très court terme et à long terme pour régler ce problème.

        Nous vous prions d'agréer, Monsieur le préfet, l'expression de nos salutations.

Le Parti de Gauche    -    Europe Ecologie Les Verts    -    Gauche Unitaire

Article alter1fo



A la suite de l’évacuation du 280 rue de Fougères, à Rennes, le Droit au Logement 35 dénonce un traitement indigne des demandeurs d’asile.

Le DAL 35 indigné... 

Début mai, l’intervention des forces de l’ordre au 280 rue de Fougères n’est pas passée inaperçue… Loin de là. Depuis le 27 février, près de 150 demandeurs d’asile logeaient dans ce grand bâtiment. Aujourd’hui, le DAL 35 tient à dénoncer les vices de procédure de cette expulsion. « Il s’agit d’une procédure d’ordonnance sur requête. C’est très rare. On a l’habitude d’obtenir un délai d’environ 6 mois. Le temps pour l’Etat de loger les personnes vivant dans les squats », précise Mélanie le Verger, avocate de la fédération en Ille-et-Vilaine. Cette fois-ci, pas de recours possible. Le DAL saisit alors la Cour Européenne des droits de l’homme.
Un huissier est chargé de signifier aux occupants l’avis d’évacuation. Mélanie le Verger insiste sur ce point : « L’huissier a signifié la requête au Procureur de la République directement, non aux occupants. Son motif : les occupants n’avaient soi-disant pas été identifiés ». Pour le DAL, cette explication n’est pas valable. Les membres de l’association auraient à plusieurs reprises présenté les listes des demandeurs d’asile présents dans le squat. « La requête stipule précisément que Yannick Cottin, membre du DAL, était présent et allait présenter les listes à la Préfecture ». Pour l’avocate, pas de doute. La signification est irrégulière. Elle ajoute : « Il y a un aspect inéquitable dans cette procédure. Nous souhaitons la reconnaissance du traitement indigne des demandeurs d’asile qui n’ont eu aucune chance de faire valoir leur statut et leurs droits ». Si la Cour Européenne plaide en la faveur du DAL 35, la condamnation « sera symbolique et une réforme législative pourrait peut-être être envisageable en France ».
« Enlever une bulle médiatique »
Le DAL 35 indigné... 

Pour Yannick Cottin, la situation est critique. Pour lui, le plan COORUS (projet voté à l’unanimité lors du dernier Conseil municipal, en mai, prévoyant 75 places d’hébergement supplémentaires) est un premier pas en avant mais est loin d’être complet et satisfaisant. « On se pose la question des moyens financiers et humains. Comment vont-ils faire ? Aucun engagement n’a été pris encore. Nous ne sommes certains de rien. Et puis, le dispositif ne concerne pas les célibataires. Comment une municipalité de gauche peut-elle accepter ça ? », déclare-t-il. Pour ce porte-parole, le projet COORUS « n’est qu’un effet d’annonce. Histoire d’enlever une bulle médiatique… » A Rennes, le caractère d’urgence se fait sentir : « Certains vivent dans des conditions atroces. Deux mères et leurs enfants ont été hospitalisées récemment. Des femmes accouchent et viennent avec leurs nourrissons de 3-4 jours », poursuit-il. Le problème de la régionalisation est alors évacué. En effet, depuis 2006, les demandeurs d’asile circulant sur le territoire breton doivent se présenter à Rennes pour les formalités administratives. La capitale de la Bretagne a été une ville de test. La régionalisation s’est ensuite étendue dans le reste de la France, à partir de 2008.
Si la baisse des moyens d’accueil des demandeurs d’asile est généralisée en France selon Jean-Baptiste Heyraud, président national du DAL, il avoue être « stupéfait par ce qu’il se passe à Rennes ». Les membres du Droit au Logement ne lâcheront pas leur lutte, notamment sur les différents sites qu’ils ont ouvert autour de Rennes (qui font aussi l’objet de demandes d’expulsion).

jeudi 19 mai 2011

Rue Du-Guesclin : les demandeurs d'asile s'organisent - Thorigné-Fouillard

Article et photo Ouest-France

http://www.ouest-france.fr/actu/actuLocale_-Rue-Du-Guesclin-les-demandeurs-d-asile-s-organisent-_35334-avd-20110517-60492245_actuLocale.Htm

mardi 17 mai 2011

Les demandeurs d'asile ont récupéré leurs matelas qui étaient entreposésdans un garde-meubles.


Depuis mercredi soir 11 mai, vingt à trente demandeurs d'asile occupent une maison inhabitée, au 25, rue Du-Guesclin. Originaires de Mongolie, du Caucase, de Somalie ou encore de la République Démocratique du Congo, ils expliquent attendre que l'Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) examine leurs dossiers pour obtenir le statut de réfugiés.
En attendant, la vie s'organise dans ce nouveau « squat » (la maison appartient à Rennes Métropole). « Après leur expulsion de la route de Fougères à Rennes, leurs effets personnels, matelas et autres, avaient été mis en garde-meubles, explique Carole, membre du Dal (association de droit au logement). Aujourd'hui, ils en ont récupéré une partie dans l'attente d'une proposition d'hébergement. »
Le Dal tient une permanence tous les jours de 18 h à 19 h devant la maison et les Thoréfoléens peuvent aller manifester leur soutien. Les relations de ces demandeurs d'asile avec les voisins sont plutôt bonnes. L'un d'eux leur a même proposé un clic-clac pour améliorer leur confort précaire.

mercredi 18 mai 2011

Relecture de COORUS par le Dal35


Relecture de COORUS par le Dal35

Un peu d’histoire :
Lors de l’évacuation de l’ancien funérarium, la mairie de Rennes avait mis 60 logements à disposition pour reloger les Demandeurs d’Asile, logements attribués par l’AFTAM. Cette prise en charge par l’AFTAM impliquait à l’époque l’accompagnement social des DA en SHT (Service d’Habitat Temporaire), avec l’embauche de deux travailleurs sociaux en CDD à mi-temps, spécialement dédiés à ces personnes. Le préfet avait lors promis 80 places de CADA (Centre d’Accueil de Demandeurs d’Asile), 20 places avant Noël 2010 et 60 au 31 mars 2011 ; A ce jour 48 des personnes relogées sont toujours en attente de place en CADA. Ces personnes n’ont plus le soutien de travailleurs sociaux pour leurs démarches, notamment près de l’OFPRA.

Les logements :
La ville de Rennes n’a jamais caché que les logements occupés par les DA seraient réhabilités pour en faire des logements sociaux de régime général, alors que ces logements devaient être pérennisés dans leur affectation aux DA. On assiste ici à un tour de passe-passe où ces places « pérennes » disparaitraient et seraient remplacées par ces « nouveaux » logements. Donc aucun logement supplémentaire n’est créé par la ville de Rennes. Sauf, hasard des lieux, boulevard de Guines où nous attend sous peu une expulsion demandée en justice par la mairie de Rennes !

Les communes :
Il s’agirait de Betton, Bruz, Le Rheu, Noyal Châtillon, Rennes et Thorigné Fouillard. Les communes hors de Rennes fourniraient donc 15 logements (Il y aurait, suivant l’INSEE, 8 000 logements vides dans Rennes Métropole).
On se pose là plusieurs questions : Pourquoi si peu de communes ? (Rappelons que Rennes Métropole compte 37 communes). Pourquoi pas de proposition de communes aussi grandes ou riches que Cesson, Saint Jacques de la Lande ou Vezin ? Il semblerait que des communes sollicitées ne souhaiteraient pas supporter la charge d’une mission de l’Etat, surtout sans garantie de paiement et ne voudraient pas épouser la « querelle » Etat/ Ville de Rennes.
                                                
Les partenaires et les missions :
C’est une véritable usine à gaz, aux chances de fonctionner assez aléatoires.

La SEA (Sauvegarde de l’Enfance à l’Adulte) :
Contactés par nos soins, des syndiqués de l’association nous ont affirmé avoir appris le projet par le communiqué de presse de leur bureau mettant d’ailleurs en doute la viabilité économique du projet. Ces mêmes syndiqués s’interrogent sur la compétence de la SEA en matière de droit des étrangers et de la qualité du suivi de familles qui déménageront tous les 15 jours). Ils s’interrogent aussi sur la nécessité d’embaucher un salarié, sous quel statut et avec quel salaire ?

L’AFTAM :
L’AFTAM est actuellement complètement débordée et en sous effectif ; les travailleurs sociaux embauchés après l’évacuation du funérarium ont terminé leur CDD. Selon une de ses cadres, les crédits de l’année concernant l’hébergement (à l’hôtel, autre scandale !) seraient épuisés ; c’est parfois dans le hall du foyer Guy Houist que sont accueillies les familles de DA pour la nuit.
L’AFTAM doit « établir les listes des personnes prioritaires ». Il est fort à craindre que les célibataires et certaines ethnies soient encore une fois omis, comme c’est déjà le cas actuellement (voir le relogement sélectif après l’évacuation du 280 rue de Fougères). L’AFTAM est entièrement cornaquée par la préfecture.

         Le 115 :
Le 115 ainsi que l’AFTAM sont des associations missionnées par l’Etat. Le 115, dispositif d’urgence pour sans-abri, est départemental et le nombre des hébergements qu’il propose est notoirement insuffisant, en été comme en hiver. C’est le 115 qui organise l’alternance de nuits en lieux d’hébergement et de séjours à la rue des sans-abris. Concerné humainement, le personnel du 115 craque régulièrement devant l’impossibilité d’héberger tel ou tel cas encore plus dramatique que l’autre. A noter (Rapport sur le fonctionnement du dispositif d’hébergement d’urgence 2009) que devant l’afflux des demandes, 58% des appels sont rejetés pour encombrement de la ligne.
A ceci s’ajoute le risque d’une dilution départementale des familles (hébergement par exemple pour 3 nuits avec un seul billet Aller-retour payé, interdisant la scolarisation des enfants et les RDV à Rennes (La vie d’un Demandeur d’Asile n’est faite que de RDV : Préfecture, Croix Rouge, médecin, associations de distribution alimentaire, de vestiaires.)
Le logement « revolving » que ce soit pour 3 ou 15 jours répond à la doctrine de  « non incrustation » des personnes : On organise ainsi la précarisation, l’angoisse d’un logement et plus généralement l’insécurité ainsi que l’errance diurne dans les rues avec enfants et baluchons.

Nous ne souhaitons en aucun cas discriminer les Demandeurs d’Asile) des SDF (Ce serait reprendre les mots du préfet) mais ils dépendent de dispositifs légaux différents, et même si le traitement des demandes est le même, il est strictement sous dimensionné.
Le dispositif 115 était initialement prévu pour des célibataires d’où le peu d’accueil de familles. et paradoxalement, les hébergements s’adaptant à des normes familiales, les célibataires sont petit à petit exclus, parce « qu’ils se débrouillent mieux seuls dans la rue. » L’association « Les Morts de la Rue » peut témoigner de la fréquence des pathologies et décès dus au séjour dans la rue.  Ajoutons que l’accueil et le suivi social prévus par la loi sont absolument inexistants ; il faut dire que les hôtels ont rarement un travailleur social parmi leur personnel.  
En signant ce protocole, les communes sont délestées de tout contrôle sur les habitants des logements qu’elles proposent.

Les associations caritatives :
Le protocole indique dans « les engagements des contributeurs » que les prestations sont à confirmer : en clair, il n’y a rien de fait. Les associations Emmaüs, Fondation Abbé Pierre et FNARS étaient déjà impliquées lors du dispositif Postel. Sont-elles prêtes à recommencer ?
C’est comme si on établissait un budget d’investissement avec un gros point d’interrogation pour les recettes. Ou alors on revient aux appartements de la ville de Rennes, déjà équipés par Emmaüs lors de l’évacuation du funérarium.

Conclusions provisoires :

Un projet aussi bâclé dans n’importe quelle association entrainerait illico le licenciement du rédacteur.
L’usine à gaz comprend déjà 2 instances de travail : le comité de pilotage, la commission d’évaluation et la préfecture s’invente le « comité de suivi » dans ses contributions.
Pourquoi usine à gaz : parce qu’il me semble impossible de faire fonctionner SEA, AFTAM et 115 ensemble, tant les tâches envisagées sont énormes et sous financées (transport des travailleurs sociaux par exemple). De plus chacun dépend d’une institution à la culture et aux savoir-faire biens ancrés et aux prérogatives bien délimitées (Etat, communes)
Il s’agit d’une opération publicitaire ou politique ne garantissant
rien et au pire recyclant le projet déjà défini à Noël, avec quelques logements supplémentaires dans les communes de la Métropole et boulevard de Guines à Rennes.
Le résultat de tout ce fatras serait le clonage du 115, créant le problème de l’organisation d’un 115 bis avec des durées de séjour différentes.
Nous affirmons que les rotations imposées par le 115 ne gèrent que l’indigence du dispositif d’accueil d’urgence ; il est tout simplement impossible de vivre dans ces conditions.
De plus et comme d’habitude, les célibataires seront encore isolés et laissés livrés à eux-mêmes.
Les problèmes de RDV seront encore plus difficiles à gérer ainsi que la scolarité des enfants  et les problèmes médicaux.
Enfin on s’interroge sur la politique de la mairie de Rennes qui finançant aux deux tiers un projet d’accueil des migrants ne peut que reproduire le déplorable système d’accueil existant. Elle n’a pas su se hausser à la hauteur de ses discours en proposant un accueil digne aux migrants ; plus pour quelques euros, elle abandonne la maîtrise du projet à la préfecture et ses tentacules. Reste à voir ce qu’il adviendra des sans-papier qui seraient aussi logés dans les déclarations du plan COORUS et les affirmations de la mairie.
                                                                     
Voici avec un peu de parti pris ce que nous inspire le plan COORUS.
Nos revendications sont donc :
Un logement décent pour toutes et tous,
L’application de la loi par la préfecture et au-delà par l’Etat,
Une prise de position claire de tous les élus et élues contre les expulsions sans relogement
L’utilisation de la loi de réquisition

Demandeurs d'asile : "L’Etat méprise le droit et la justice"

 Article du Mensuel de Rennes
Demandeurs d'asile : "L’Etat méprise le droit et la justice"

Deux semaines après l’évacuation par la police du squat, le Dal 35 conteste la méthode utilisée, jugée « arbitraire et expéditive ». L’avocate a saisi la Cour européenne des droits de l’homme.

Droit au logement 35 ne décolère pas. Lors d’une conférence de presse organisée par l’association, en présence notamment de Jean-Baptiste Eyrault, porte-parole national, elle a dénoncé la procédure utilisée par la préfecture pour vider le squat de la rue de Fougères, où logeaient encore 150 demandeurs d’asile il y a deux semaines.
La préfecture a utilisé une « ordonnance sur requête » auprès du procureur. Mélanie Le Verger, l'avocate de l'asso, pointe le fait qu'elle n'a pu faire valoir les recours pour contester la décision d'expulsion avant qu'elle ne prenne effet. "L’Etat méprise le droit et la justice du début à la fin", tonne-t-elle. C'est une méthode "arbitraire et expéditive, qui ne reconnaît pas le droit des gens à se défendre et que le Dal a déjà rencontrée ailleurs en France", complète Jean-Baptiste Eyrault.
"Nous sommes le 115 bis"
La procédure utilisée a donc tué dans l'oeuf tout "procès équitable", selon les militants. Ce point s'ajoute à la liste des griefs que l'avocate soumet à l'examen de la Cour européenne des droits l'homme. Elle a saisi l’instance européenne, notamment pour non respect d’une directive qui demande à chaque Etat membre de l’Union européenne de prendre en charge le logement des demandeurs d’asile et pour "traitement inhumain".
L’association s’inquiète aujourd’hui que la procédure ne soit utilisée dans les autres squats. Deux sont ouverts à Rennes, boulevard de Guines et rue Claude Bernard. Certains demandeurs d’asile de la rue de Fougères ont également trouvé refuge dans une maison à Thorigné-Fouillard, et dans une aire de camping improvisée à Chevaigné. Une cinquantaine de demandeurs ont par ailleurs été répartis dans des centres d’accueil pour demandeurs d’asile à travers la France. Actuellement, l’association affirme loger au moins 120 demandeurs d’asile chaque soir. "Nous sommes devenus un 115 bis", affirme Yannic Cottin. 

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